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La grande porte bleue
           LE CAFÉ      LA CARTE      CONNEXION

La grande porte bleue

La première fois que je suis rentrée dans la cour des Déchargeurs, c’était pour voir Comment va le monde ? Un texte de Marc Favreau alias SOL.
C’était une bonne question, comment va le monde ?
Et c’était un beau lieu pour le découvrir, comment il va le monde.
La comédienne Marie Thomas m’avait beaucoup impressionnée, j’ai encore en tête ses grands yeux bleus regardant le ciel à travers les projecteurs. Et puis j’ai le souvenir de la salle, étrangement chaleureuse, petite mais grande à la fois, on s’y sentait comme assis au creux du ventre d’un chat.

Quand elle est sortie, la comédienne qui paraissait bien moins immense que sur scène mais tout aussi impressionnante, est venue à notre rencontre tout simplement et avec un grand sourire. Je me suis dis que j’aimerais un jour jouer là, comme elle.

C’est drôle quand quelque chose qu’on souhaite arrive. On a loué la salle avec la compagnie 512 pour y répéter notre pièce en cours de création Villes Mortes.

Et puis au détour d’un verre, quand l’ambiance s’est tamisée, j’apprends que la première édition des cafés rencontres des Déchargeurs va avoir lieu et c’est bientôt.

Je prends mon courage à deux bras et je m’y rends. Ce fameux matin là, il y a foule : une foule de toutes les couleurs et de toutes les tailles, qui en dit long sur la variété des projets qui sont impatients de se présenter. Je suis très impressionnée, encore. Heureusement, il y a Pierre ce jour là qui m’accompagne, il est serein, il est grand, il est tranquille, il attend le temps qu’il faut attendre avec moi. Ça me réconforte.

Hop, Hop, Hop, c’est l’audition, je présente le début de mon solo de clown, La confuirence. Ça se passe tout en bas de l’escalier dans la salle La Bohème. Il y a un tapis rouge, des pierres, un petit plateau noir en bois. C’est joli. Il y a Rémi et Adrien, ils me regardent avec des yeux curieux, et ils rigolent même.

Et puis je rencontre Emmanuelle, elle aussi m’impressionne. Elle a des longs cheveux châtains et un regard perçant, malicieux. Et puis, il y a Lou, elle me propose un rendez-vous. C’est la première fois alors ça me mets dans tous mes états. Elle a des longs cheveux blonds.

La grande porte bleue, il faut que je la pousse pour rentrer, et puis il y a toute la cour à traverser, et puis il y a le bureau vitré qui donne sur la cour. Je ne sais pas, est-ce que je peux rentrer comme ça ? Est-ce qu’il faut que je les regarde pour leur faire signe ? Aller, je toque et je rentre.
Bonjour.
Personne ne m’a entendu, j’essaye plus fort : Bonjouuuuuur ! C’est moi, en fait, je viens parce que, on m’a dit que …
Aller on s’installe. J’ai mon sac, mon manteau, mon gilet, mon écharpe, mon deuxième sac, mon pull, mon sous pull, le tout empilé sur mes genoux. Je suis un peu encombrée.

Maintenant c’est au tour de mon décor : il faut que j’amène mon pupitre. Mais en fait j’en ai deux des pupitres. J’en transporte un en métro, j’en transporte un en voiture, mais je ne sais pas conduire alors je le fait conduire, et puis je reviens, je repars, je reviens, je re-repars et puis en fait, il faut que je l’échange avec le deuxième parce qu’en fait celui là, il est pas assez, enfin il est trop, … enfin parce que.

Adrien, est dans la cour, il m’aide à le porter jusqu’en bas. Il a de longs cheveux bruns et il me pose des questions, il écoute attentivement l’histoire de ce pupitre. Je me dis que c’est sympa ici.
Et il y a Belkacem, qui m’aide à transporter l’autre pupitre dans la voiture, il a de longs cheveux noirs et il a un grand sourire. Je me dis que c’est vraiment sympa ici.
Et puis il y a Rémi aux jolis cheveux bouclés, il est avisé et donne de bons conseils. Je me dis que c’est vraiment très sympa ici.
Et puis il y a Marie au bar, elle a de longs cheveux bruns, il y a Emilie et Lucie à la billetterie, elles ont de longs cheveux… je vous laisse la surprise.
L’aventure se finit et je me dis que c’est bien plus que sympa ici, en fait c’est familial, c’est convivial, c’est le top du top, enfin, je me dis : qu’est ce que je me sens bien ici.

Ici, il y a quelque chose de félin, quelque chose de doux, de mystérieux, de bondissant, d’élégant. Quelque chose de ronronnant. Quelque chose de chaleureux. Quelque chose qui regarde les yeux grands ouverts et qui vous demande : comment va-t-il le monde ?

Anahid Gholami Saba

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