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À propos de LA PROSE DU TRANSSIBÉRIEN
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À propos de LA PROSE DU TRANSSIBÉRIEN

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C’est en hommage à Vicky Messica, créateur des Déchargeurs en 1979, que nous avons choisi, avec Adrien et Rémi, de donner ce texte en ouverture de saison du «nouveau» théâtre Les Déchargeurs. C’est un poème auquel il tenait tout particulièrement, et qu’il donna plusieurs fois entre ces murs il y a maintenant près de quarante ans. Long poème mêlant délire et souvenirs, La prose du Transsibérien, écrit durant les premiers mois de 1913, est une invitation au voyage pour reprendre les mots d’un autre et non moins illustre poète. Au voyage par les mots. C’est pour cette raison que tout ici est dépouillé : pas de décors, pas d’ornements, pas de musique; en fait, pas de lumière, et pas de comédien. Tout naît ici de la voix et du texte. Du chant d’une âme, illuminant l’obscurité d’images intérieures et de paysages à mi-chemin de la glace et du feu. Il est suivi d’un second poème, issu du même recueil (Du monde entier, Gallimard): Le Panama ou l’histoire de mes sept oncles.
Pierre Florac

En ce temps-là, j’étais en mon adolescence
J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
J’étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d’Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.

Blaise cendrars

C’est en hommage à Vicky Messica, créateur des Déchargeurs en 1979, que nous avons choisi de donner ce texte en ouverture de saison du «nouveau» théâtre Les Déchargeurs.

Ayant le goût de l’aventure, Blaise Cendrars (né en 1887) abandonne ses études à seize ans pour courir le monde, à commencer par la Russie et l’Extrême-Orient. Ce voyage lui inspire ‘La prose du Transsibérien’, son ouvrage majeur, pierre angulaire de la poésie moderne. À travers une écriture syncopée, il se livre à une sorte de sténographie de ses sensations. Tour à tour démuni et millionnaire, il « brûle sa vie » avec une frénésie qu’il n’a de cesse de faire partager dans ses oeuvres. Mais la Première Guerre éclate bientôt : décidé à se battre bien que ses origines suisses le dispensent de tout engagement, il rejoint alors le corps de la Légion Etrangère. Le bras droit arraché par un obus lors des batailles, Cendrars n’en éprouve pas moins de fureur face à la vie, fasciné par la culture moderne et ses prouesses techniques, ainsi que par les nouvelles contrées qu’il traverse – en particulier les terres désertiques d’Afrique. Retiré à Aix-en-Provence lors de la Seconde Guerre, il y rédige ses « romans-poèmes » largement autobiographiques.

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