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À propos de VANILLE POUBELLE
           LE CAFÉ      LA CARTE      CONNEXION

À propos de VANILLE POUBELLE

J’ai découvert Vanille Poubelle en déambulant dans une librairie, zieutant les têtes de gondole. Parmi toutes ces couvertures, c’est le titre de la pièce qui a attiré mon regard : « ces mots mitoyens n’ont rien à faire ensemble ! » pensai-je. Vanille Poubelle, c’est le beau et le laid main dans la main, et c’est à Tadé de choisir d’aller vers l’un ou l’autre. Vanille Poubelle, ce sont des marmots à l’enfance cabossée, qui vont croire à une utopie pleine de beauté, d’odeurs lactées, et de cosse qui pousse. Ce sont des marmots embourbés dans les déchets, qui s’extirpent des mitraillettes et du métal faiseur de fric, pour trouver le plus bel endroit du monde et retrouver l’insouciance d’une enfance sucrée. C’est un combat pour cicatriser, une ode à la fraternité, un glissement du fer vers le vert. Tout cela à cause d’une drôle de cosse au milieu d’une décharge, qui nous rappelle à la terre et aux fruits ronds et merveilleux.

Marion Bosgiraud, metteure en scène.

Peut-être qu’en chemin tu apprendras des trucs avec des gens.

Le ver luisant à tadé

Tu sais pourquoi la vie elle n’est jamais comme on voudrait qu’elle soit ?
Je réfléchis, je réfléchis : je donne ma langue au chat…
Tu n’as pas le droit !
Je ne vois pas…
Alors c’est vraiment vrai qu’on est seul au monde, si tu ne peux pas me
répondre !

Attends je me concentre.
Trop tard je suis déçue.
Aaa ah je sais! C’est parce que tu ne lui fait pas assez confiance.
A qui ?
A la vie.
N’importe quoi. Je ne te vois pas alors je ne te crois pas.
Pas besoin de voir les choses pour y croire.

Vanille Poubelle, Stéphanie Marchais



Stéphanie Marchais

À PROPOS DU PROCESSUS D’ÉCRITURE
Pour moi l’écriture est un exercice physique, j’ai besoin de tous mes organes, et peut-être moins de mon cerveau que du reste. C’est un acte qui me demande de l’énergie, il faut que je sois en forme et comme je n’ai pas vraiment un mode de vie ascétique, c’est parfois périlleux. Mais l’écriture me revitalise, c’est vraiment jubilatoire. Bien sûr dans le processus d’écriture je cherche, je creuse, je doute, mais c’est le plaisir de cette traversée là qui me porte. Parce qu’au bout il y a une métamorphose qui s’opère, même infime. C’est comme si je participais à la marche du monde. Je nage avec les autres, mais avec mes mots. Je crois que l’écriture c’est mon lien aux autres, ça me permet d’être présente, en alerte, à l’écoute. La fiction pour moi c’est l’espace de l’altérité, on se rencontre dans un endroit qui n’est pas l’endroit de l’ordinaire, une sorte de zone augmentée et c’est ce que j’attends de la vie je crois, de vraiment se rencontrer. En étant direct dans l’essentiel. Parce que la vie simple ne me suffit pas. Il y a plein de façons possibles de rencontrer l’autre de manière fine, sensible, urgente, moi c’est par l’écriture.
Quand j’ai la chance qu’un de mes textes soient créé par une équipe artistique et qu’on s’est bien choisi pour de bonnes raisons, alors là c’est la grâce. Je pourrais ne faire que ça. J’ai l’impression qu’on vit ensemble dans un gros coeur qui bat et qu’on cherche à le faire fonctionner le mieux possible. Ensuite on revient dans le réel. Je n’ai pas l’impression qu’on en soit sortis en fait. Pour moi l’écriture révèle la réalité, elle la percute même de plein fouet.

Stéphanie Marchais, auteure
https://stephaniemarchais.cargo.site

Une pièce à la beauté étrange, une fable décalée, non dénuée d’humour, dont l’écriture organique donne à voir, à sentir, de façon concrète et viscérale cette zone floue de tous les possibles qu’est l’enfance.

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Magcentre
Marion Bosgiraud

À PROPOS DE LA SCÉNOGRAPHIE
L’histoire commence dans une décharge. Tout découle de ce tableau, du fer comme matière. Des fûts métalliques, aux couleurs criantes et abîmées, symbolisent des poubelles, les Enfanfer y accrochent des objets trouvés (récupérés chez un ferrailleur), nichés entre les détritus. Tadé commence sa quête en grimpant au sommet de la montagne de déchets, deux cubes dissimulés permettent aux comédiens de grimper et d’apparaître en haut de la colline de fûts. Les changements de costumes se font derrière la décharge, les personnages jaillissent de chaque côté des fûts. Puis la guerre surprend ou bien l’éternuement d’un roi, on ne sait. La décharge est balayée. Les fûts tombent, roulent. Enfin, petit à petit, la nature reprend le dessus. D’un fût, jaillit un arbre de lianes entremêlées. D’un autre fût, jaillit une mer fabriquée à partir de sacs de poubelles : une marée noire, qui est de l’étoffe du métal fondu. La hiérarchie de l’espace est nivelée en un seul horizon, un horizon d’eau. L’arbre est le seul à surplomber le paysage, ainsi qu’une ampoule restée accrochée, là, comme un souvenir de cette époque du fer. Pour ne pas oublier.

www.cecinestpasunetortue.com

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