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À propos de LA CABANE AUX MERVEILLES
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À propos de LA CABANE AUX MERVEILLES

Depuis la prise d’otage, j’ai un nouveau métier : je me prends pour le fantôme d’une chanteuse morte. Je passe toutes mes journées allongée sur le parquet, et je fais des chansons avec les mots qui vivent chez moi. C’est comme si j’étais devenue un tapis de bain avec des mélodies dedans.Toutes les chanteuses sont des tapis de bain. C’est pour ça qu’elles font des chansons d’ailleurs, sinon elles trouveraient autre chose à faire. Les chansons ça n’arrive qu’aux êtres qui sont parfaitement immobiles, et c’est le plus beau métier du monde.

LA CABANE AUX MERVEILLES, Justine Chasles

©Marion Jhöane

NOTE D’ÉCRITURE
La cabane aux merveilles est une auto-fiction. En écrivant ce spectacle, j’ai cherché à répondre à des questions que je me posais : à quoi est-ce qu’on pense quand personne ne nous regarde ? Est-ce qu’on peut faire spectacle de son intimité, de ses rêves, de ses secrets ? Est-ce qu’on peut vivre coupé de la réalité pour réinventer un monde à soi ? J’ai abordé l’écriture comme un moyen de se raconter dans ce que l’on a de plus nu, pour tenter d’aller à la rencontre de l’autre. Je voulais aussi envisager la salle de théâtre comme un lieu protégé, dans lequel je pourrais convoquer la tendresse, le rêve, l’intime. Guidée en premier lieu par mon désir de chanter, j’ai d’abord écrit une dizaine de chansons qui sont le coeur du spectacle, puis des textes en prose. Ensemble, ils racontent l’histoire de Mademoiselle J., un personnage-avatar qui s’exprime dans un double langage : elle chante quand parler ne suffit plus. À travers elle, je voulais raconter l’histoire d’une jeune femme qui découvre les mots et sa voix comme un moyen d’exister.
Justine Chasles

©Lisa Lesourd

NOTE DE MISE EN SCÈNE
Dans la réalisation de ce projet, nous avons cherché le réel entremêlement entre musique et théâtre. Il s’agissait pour nous de mettre le texte et les deux interprètes au centre, et de trouver le dialogue possible entre leurs deux langages. En effet, parce que les chansons qu’elle fabrique sont au centre de l’univers de Mademoiselle J., le rapport au son est intrinsèque à son monde. Sur un plateau nu, sa voix et celle du musicien se relayent, s’enchevêtrent, s’amplifient l’une l’autre pour créer un monde fait de mots et de paysages sonores. La musique est narratrice et porteuse de sens au même titre que le texte, et le musicien se fait lui aussi personnage. Il est comme l’alter ego de Mademoiselle J., et il l’accompagne dans la conversation intime qu’elle propose au public.
Romane Le-Hyaric

Et on rend la tendresse à ceux à qui on l’a prise.


©Céleste Noiré

UN MOT SUR LE COLLECTIF NE PARLEZ JAMAIS À DES INCONNUS
Le collectif Ne parlez jamais à des inconnus est co-fondé par Matthieu Truffinet et Nicolas Porcher en mai 2019. Établi à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis, il réunit des artistes de différentes disciplines qui imaginent ensemble des projets transversaux et s’aventurent sur des formes et sur des esthétiques variées. A travers ces créations plurielles, il s’agit pour le collectif de penser l’interdisciplinarité, non pas comme la cohabitation passive de différents moyens d’expressions dans un projet, mais comme la possibilité d’appréhender en profondeur des disciplines connexes à la sienne, pour chercher un réel dialogue et des rapports plus riches dans la création. Rencontrer et apprendre à connaître, afin que les autres créateurs ne soient plus des inconnus à qui parler une langue étrangère.

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