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À propos de LE THÉÂTRE DE L’AMANTE ANGLAISE
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À propos de LE THÉÂTRE DE L’AMANTE ANGLAISE

©Pierre-Marie Baudoin

Le crime évoqué dans L’Amante anglaise s’est produit à Savigny-sur-Orge, dans le quartier dit de “la Montagne Pavée” près du Viaduc du même nom, en 1949.
Le crime avait été commis par la femme sur la personne de son mari : un soir, alors qu’il lisait le journal, elle lui avait fracassé le crâne.
Le crime commis, pendant plusieurs nuits, elle avait dépecé le cadavre et en avait jeté les morceaux dans les trains de marchandises qui passaient par ce viaduc. Très vite la police avait découvert que ces trains qui sillonnaient la France passaient tous justement sous ce viaduc. Amélie Rabilloux a avoué dès qu’elle a été arrêtée.
Marguerite Duras transforme ce fait divers. Elle les appelle, elle : Claire Lannes et lui : Pierre Lannes. La victime du crime devient Marie-Thérèse Bousquet, la cousine germaine de Claire Lannes.

Après un premier succès aux Déchargeurs en mars 2020, la pièce a dû être interrompue suite au premier confinement. Elle signe en novembre un retour attendu au théâtre !

Pierre-Marie Baudoin s’empare de la célèbre pièce de Marguerite Duras pour interroger le réel.

la terrasse

Pierre-Marie-Baudoin ©Olivier-Allard

NOTE DE MISE EN SCÈNE
Marguerite Duras propose avec ce texte une véritable enquête en train de s’écrire sous nos yeux. Avec notre spectacle nos prolongeons son geste en proposant une triple enquête : pour le spectateur, pour les acteurs et pour les personnages.
Cette construction du réel par le biais du théâtre suppose une exploration, une enquête, une recherche documentée de l’actualité. Un tel théâtre, affirme Weiss, après les travaux d’Erwin Piscator, se refuse à toute invention, fait usage d’un matériel documentaire authentique, n’en modifie pas le contenu, mais en structure la forme.
Aussi la scène du théâtre de l’enquête, si elle ne saurait prétendre être la réalité, espère au moins montrer un morceau de réalité arraché au mensonge.

©Pierre-Marie Baudoin

Notre spectacle affirme que la réalité, quelle qu’en soit l’absurdité dont elle se masque elle-même, peut-être expliquée dans le moindre détail. Nous souhaitons expérimenter avec notre proposition un rapport au réel qui n’est pas uniquement la re-présentation du réel : en offrant un spectacle du réel, nous souhaitons en dépasser sa compréhension rationnelle. Il permet aussi une expérience émotionnelle. En mettant en scène des acteurs qui jouent, parlent, agissent, souffrent et vivent sur scène en investissant le champ du réel, notre théâtre produit aussi des émotions, s’opère alors un glissement de la fonction du théâtre documentaire tel que le définit Peter Weiss vers un phénomène esthétique d’identification et de contagion émotionnelle.
Pierre-Marie Baudoin

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PIERRE
Quand je partais elle était dans le jardin. Quand je rentrais elle y était encore. Elle ne me voyait pas, je lui étais devenu étranger – tout à fait. Je ne crois pas qu’elle était abattue. Je parle de la période qui a suivi le crime. Pendant la période du crime, si je me souviens bien, une fois, oui je l’ai trouvée endormie sur le banc, dans le jardin, elle paraissait exténuée, morte. Le lendemain, je l’ai trouvée tout habillée vers deux heures de l’après-midi. Elle m’a dit qu’elle allait à Paris. Elle est revenue tard, vers dix heures du soir.
L’INTERROGATEUR
Elle allait rarement à Paris ?
PIERRE
Depuis quelques années, oui, rarement. À part ce voyage à Paris, que ce soit pendant ou après le crime, elle a dû passer ses journées dans le jardin.
L’INTERROGATEUR
Il paraît qu’elle a toujours passé beaucoup de temps dans ce jardin. Alors, quelle est la différence ?
PIERRE
C’est-à-dire aucune. Il n’y avait plus d’heures dans la maison sans Marie-Thérèse, elle pouvait y rester autant qu’elle voulait, jusqu’à la nuit.

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