De nos frères blessés

Présentation

De nos frères blessés
Date(s) : du 20 fév 2018 au 10 mar 2018
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 19h00
Durée : 1h25

Tu meurs à cause de l'opinion publique

En 1956, Fernand Iveton, français d’Algérie et ouvrier indépendantiste, pose une bombe dans un local vide de son usine : explosion prévue après la fin du travail pour ne blesser personne. La bombe n’explose pas mais il est arrêté, torturé, et condamné à la peine capitale. On se heurte à la raison d’Etat… L'histoire de Fernand Iveton, tué pour l'exemple, est transmise comme un conte mêlant l'intime à l'Histoire.

Rencontre avec l'équipe du spectacle et Benjamin Stora, Historien, Professeur des Universités et Président du Palais de la Porte Dorée le samedi 24 février à 17heures, entrée libre sur réservation ici !

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Retrouvez toute l'interview sur ce lien / Radio Osmose - 15/02/2018 - Serge

Distribution

Texte :
publié aux éditions
Mise en scène :
Lumières :
Crédit Photo Visuel :

Coréalisation Les déchargeurs / Collectif Satori

Notes & extraits

MOT DU METTEUR EN SCENE

Qu’est-ce que la justice ?
Que vaut la destinée d’un homme quand elle croise la raison d’Etat ?
De quel côté se situent la violence, la « terreur » ?
Quelle vérité, quels mensonges font notre Histoire ?

De nos frères blessés pose d’emblée ces questions, tout en portant jusqu’à la dernière ligne l’espoir d’un monde meilleur qui reste à inventer. Nous avons besoin d’entendre cet appel à la liberté et à la fraternité, aujourd’hui que la société ne cesse de se cliver et où la violence, l’individualisme, le rejet de l’autre se répandent.

Sur scène : une communauté, celle des acteurs et des spectateurs, réunie pour raconter le parcours de Fernand Iveton. Le spectacle épouse les contours du roman, il se construit avec précision sur la trame. La vidéo et la musique originale viennent renforcer le récit des acteurs, se mêlant à leur narration adressée directement au spectateur. Ce spectacle est conçu comme la parole que se passerait un petit groupe de personnes, la transmission orale d’un conte ancestral.

La précision documentaire ou la fiction ; ces questions importent peu. Ce qui importe, c’est ce qu’on charrie avec cette histoire, c’est l’émotion et la force que l’on veut transmettre à l’autre. L’histoire racontée, le conte, est un endroit bien plus « vrai » que les récits factuels, ou les flux d’information continus dont l’époque nous abreuve.

L’endroit de théâtre convoqué, c’est celui de l’Assemblée. On se réunit là, dans le noir – c’est déjà un rite - pour écouter, voir, dialoguer, penser et sentir ensemble ; alternative à un monde qui ne cesse de se courir après sans trop savoir où il va.

Fabrice Henry

EXTRAIT

« Fernand Iveton, ici présent, est condamné à la peine capitale. Le verdict tombe comme le couperet qu’on lui promet. Fernand baisse les yeux à l’instant où s’élève, aux quatre coins de la salle, la clameur des Européens d’Algérie. Applaudissements et bravos. Ivresse et dents déployées. La Justice goûte son triomphe. Hélène se retient de ne pas fondre en larmes. Elle mord l’intérieur de ses joues pour ne pas leur offrir le spectacle de leur défaite. On ne jette pas ainsi la viande aux chiens. Elle prend la main de sa belle-mère afin de l’enjoindre à faire de même. Les paumes claquent, la joie exulte comme un seul corps gras. Fernand n’a pas envie de pleurer, lui. Les tortures l’ont asséché – âme dépeuplée, pillée de toute émotion. »