Edito

Il n'est pas de mois sans qu'une pépite nous soit révélée / Le Figaro

Prendre la parole, (re)prendre la parole, d’un geste volontaire pour se faire entendre et pour ne plus subir.
Libérer la parole car celle-ci a été obligée, contrainte, étouffée, lui (re)donner place et ampleur et la remettre au centre du dispositif, de l’agora.
Attention, pas la parole qui salit, qui détruit, construite sur l’égoïsme et la méchanceté. Pas celle qui frappe, surtout à terre et qui s’enorgueillit à la face du monde. Pas celle qui croit savoir, pas celle qui détient la vérité, celle qui inonde les réseaux sociaux. Pas la parole dont l’auteur se vante de l’impact.
Non, nous parlons de la parole, de la beauté, de celle portée par nos poètes, celle qui résonne au plus profond de nous, qui embellit chaque instant de nos vies. Celle qui vous fait recevoir, entendre, ressentir le désarroi, le doute ou le bonheur de l’Autre. La parole du déshérité autant que celle du sage, la parole de l’autre à qui nous offrons une tribune.
La parole qui résonne entre les murs de notre théâtre qui en a supporté, accompagné, tant et tant.
Nous désirons offrir à la parole un havre, une aire de liberté où l’impétuosité et l’irrévérence côtoieraient la noblesse de l’esprit.
Une parole juste, belle qui nous élève et qui nous conduit au sentiment et à l’échange avec l’Autre.
Une parole qui pourrait être entendue par tous, pour tous. Souvenons-nous : un théâtre élitaire pour tous (Antoine Vitez).

Lee Fou Messica & Ludovic Michel