Projection du Soulier de Satin / Antoine Vitez / Paul Claudel

Présentation

Projection du Soulier de Satin / Antoine Vitez / Paul Claudel
Date(s) :
Samedi
à 12h
Durée : 12h

A l'occasion de l'année autour d'Antoine Vitez proposée par Les Déchargeurs et L'Association des amis d'Antoine Vitez avec la complicité de Jeanne et Marie Vitez, nous vous proposons de participer à la projection exceptionnelle de l'intégrale filmée du Soulier de Satin de Paul Claudel, mise en scène d'Antoine Vitez. Le spectacle créé dans la Cour d'honneur du palais des Papes à Avignon en 1987, sera projeté de midi à minuit dans notre salle Vicky Messica ce samedi 20 octobre.

Le projection est prévue de midi à minuit de la façon suivante :
12h à 16h
17h à 20h
21h à 00h
Deux entractes d'une heure entre 16h et 17h et entre 20h et 21h vous permettront de vous dégourdir les jambes et de vous restaurer pour cette traversée de douze heures.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

Distribution

En partenariat avec L'Association des Amis d'Antoine Vitez

Avec la complicité de Jeanne et Marie Vitez

Avec la collaboration de l’INA et de la Société Paul Claudel

Remerciements au Théâtre National de Chaillot qui nous permet d'utiliser l'affiche originale de 1987

​Captation réalisée en janvier 1988 par Yves-André Hubert

Notes & extraits

A PROPOS DU SOULIER DE SATIN

C'est la première fois que le public du festival d'Avignon passe la nuit entière au théâtre, le spectacle se déroulant de neuf heures du soir à neuf heures du matin. Cette expérience extraordinaire, il la doit à Antoine Vitez, qui décide en 1987 de monter Le Soulier de satin de Paul Claudel, dans son intégralité. Auparavant, Vitez a déjà mis en scène Partage de midi, à la Comédie-Française en 1975, et L'Échange, au Théâtre national de Chaillot en 1986. L'aventure est tentante, pour un metteur en scène de son expérience, d'affronter enfin la démesure de cette pièce-fleuve de Claudel, couronnement et synthèse de toute son œuvre dramatique. Selon Vitez en effet, la pièce raconte la vie de l'homme et l'histoire toute entière. De fait Claudel, qui la rédige de 1919 à 1924 et la publie en 1929, indique que « la scène de ce drame est le monde ». On y retrouve le thème de la conquête développé dans Tête d'or, celui de l'amour impossible et sacrifié dépeint dans Partage de midi et dans L'Annonce faite à Marie. Mais ici, c'est à une sorte d'enchaînement mutuel des âmes et à leur salut commun que l'on assiste, là où le salut n'était qu'individuel dans les pièces précédentes.

L'action se déroule en quatre journées, renouant avec la dramaturgie du Siècle d'or espagnol. Dans l'Espagne de la Renaissance, centre du monde et du christianisme, le conquérant Rodrigue et Doña Prouhèze ont conçu l'un pour l'autre une passion si parfaite que pour être à la hauteur de son exigence, ils devront tous deux lui sacrifier leur vie et leur amour. Car Prouhèze est mariée à Don Pélage. Résolue à rejoindre Rodrigue, elle confie son honneur à la Vierge, en déposant devant elle son petit soulier de satin, lui enjoignant d'entraver l'élan qui la porte vers son désir adultère. Pélage, averti du dessein de sa femme, lui propose une épreuve à la mesure de son âme : garder au nom du Roi la citadelle de Mogador, aux côtés de Camille, traître au souverain et à l'Église, qui aime aussi Prouhèze, tandis que Rodrigue est nommé vice-roi des terres d'outre-mer. Les deux amants consentent à se séparer, mais dans cet éloignement va s'affermir leur union spirituelle. Pélage meurt et Camille contraint Prouhèze de l'épouser, avant de la supplier, pour sauver leurs deux âmes rebelles, d'oublier Rodrigue. L'extrait est tiré de la fin de la troisième journée, lorsque Rodrigue et Prouhèze, de nouveau face-à-face, acceptent le sacrifice et renoncent pour toujours l'un à l'autre. Prouhèze confie à Rodrigue sa petite fille, née de Camille. Rodrigue achève sa destinée dans le don et le dépouillement entier de sa personne, vouée à Dieu. Ainsi une passion adultère aura-t-elle servi au salut de la femme et des trois hommes qui l'aimaient, expliquant le sous-titre du Soulier de satin : « le pire n'est pas toujours sûr ».

Si Claudel a noué la pièce autour de cette action principale, fidèle à l'esprit du mystère qui met en scène la Vierge et la grâce qu'elle dispense, Le Soulier de satin se présente aussi comme une somme théâtrale, mêlant les lieux, les genres, les esthétiques, les personnages en nombre impressionnant, les intrigues secondaires ; alliant au drame mystique des scènes comiques et burlesques, des chansons et des danses, exhibant sans cesse les conventions et les ficelles du théâtre, tenant enfin son exaltante promesse : c'est tout l'univers que la pièce contient.

Marion Chénetier-Alev