Une sorte d’Alaska

Harold Pinter

Présentation

Une sorte d’Alaska d' Harold Pinter
Date(s) : du 26 aoû 2013 au 16 déc 2013
Lundi
à 21h30
Durée : 1h20

Réveil brutal après 16 ans de coma

Déborah, jeune femme âgée de 31 ans et affectée d’une pathologie se réveille après un sommeil léthargique de 16 années. On assiste, avec le Dr Hornby qui a pris soin d’elle pendant ses années de coma et fini par épouser sa sœur Pauline, à son réveil. Déborah va devoir accepter et intégrer ces 15 longues années de non-vécu et pouvoir enfin exister dans une réalité commune.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Un condensé de délicatesse / Marianne.fr

Distribution

Coréalisation Les Déchargeurs / Boss’kapok

Multimédia

Notes & extraits

L’ AUTEUR

Il est né le 10 octobre 1930 à Hackney, un quartier de l’East End, qui était à l’époque populaire et industriel. Petit garçon morose, il garde de sa prime jeunesse des images précises (la puanteur d’une usine à savon), mais aussi la marque d’une désorientation angoissée (crise sociale, chômage, montée du nazisme, guerre civile espagnole, importante campagne antisémite en Grande-Bretagne).
En 1940, au déclenchement de la seconde guerre mondiale, la famille quitte Londres (où il ne reviendra qu’à l’âge de quatorze ans) pour échapper aux raids aériens allemands. Il confiera plus tard: La condition de bombardé ne m’a jamais quitté.

NOTE DU METTEUR EN SCENE

La mort de Pinter en 2008 a été pour moi l’occasion de redécouvrir son œuvre, de me plonger dans ses écrits et films. J’avais d’abord travaillé le rôle d’Edward dans Une petite douleur, dans le cadre de ma formation théâtrale, avant d’interpréter celui de Duff dans Paysage.
Pour cette nouvelle mise en scène, ce qui m’a principalement séduit, c’est l’évocation de ce réveil, après une longue période de sommeil. Comment retrouver sa place au sein d'un monde que l'on ne possède plus ?
Le temps est au centre de ce texte. En particulier sa relativité, directement liée à la perception de la réalité qu’en ont les personnages. Les fractures temporelles font écho aux fractures relationnelles entre les êtres… L’action a beau se dérouler dans une seule unité de temps, la perception qu’en a le personnage principal (Deborah) est faussée. Le sommeil soustrait à la conscience du vieillissement et brise les liens familiaux, faussant également les rapports d'âge des personnages.
C’est cet aspect de confrontation à la jeunesse insouciante, oublieuse du temps et créatrice de réalités nouvelles que ce spectacle voudra mettre en lumière. Quand on aime, quand on dort, quand on est mort, dans quelle autre réalité temporelle est-on ? Dédouané, libéré des inquiétudes, des devoirs, des échéances ?
Fuit-on alors la réalité ou s’échappe-t-on de la prison d’une temporalité finalement suggestive ?
Telles sont les questions que cette pièce soulève en chacun de nous…

Ulysse di Gregorio

EXTRAITS

Deborah - Alors, pendant combien de temps j'ai dormi ?
Hornby - Vous avez dormi pendant vingt-neuf ans.
Deborah - Vous voulez dire que je suis morte ?
Hornby - Non
Deborah - Je ne me sens pas du tout morte.

Deborah - Alors vous dites que vous êtes ma sœur ?
Pauline - Mais oui.
Deborah - Eh bien vous avez changé. Beaucoup. Vous avez pris un nombre d'années...substantiel. Qu'est-ce qu'il vous est arrivé ?
Hornby - Quel âge avez-vous ?
Deborah - J'ai douze ans. Non. J'ai seize ans. J'ai sept ans. Je ne sais pas. Si. Je sais. J'ai quatorze ans. J'ai quinze ans. Mes jolis quinze ans.

Hornby - Je vous ai réveillée grâce à une injection.
Deborah - Adorable injection. Oh, comme je l'adore. Et est-ce que je suis belle ?
Hornby - Très belle.
Deborah -Et vous êtes mon prince charmant. N'est-ce pas ?