L'autre fille

Annie Ernaux

Présentation

L'autre fille d' Annie Ernaux
Date(s) : du 6 nov 2018 au 1 déc 2018
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 21h30
Durée : 1h10

Annie Ernaux adresse une lettre à sa soeur disparue deux ans avant sa naissance, morte à six ans, emportée par la diphtérie. Cette soeur dont elle découvre l’existence passée en entendant les bribes d’une conversation entre une cliente et sa mère dont les paroles “ Elle était plus gentille que celle-là ” se gravent à jamais dans sa mémoire. Elle, l’enfant vivant, dormira dans le lit de la sœur disparue, son cartable deviendra le sien, elle mettra ses pas dans les siens. Au fil de son existence, elle se construit contre elle, entre réel et imaginaire, au gré des objets, des photos, des paroles échappées.

Annie Ernaux interroge ici le pourquoi du silence et son propre désir d’adresser cette lettre à sa soeur disparue. Marianne Basler sera cette voix, précise et douloureuse, attentive et consolante.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Une mise en scène sobre. C'est très très beau. / France Inter
Marianne Basler incarne la pensée de l’écrivaine à l’œuvre. Elle en est même si convaincante qu’on a l’impression de voir l’auteure. / La Terrasse
Ici même la violence est douce. Car telle est Marianne Basler, parfait double d’Annie Ernaux. / WebThéâtre
Jamais Marianne Basler n'aura été aussi loin dans le don d'elle-même. Elle arrache des lambeaux de vérité au prix d'une vraie souffrance. / Froggy’s delight

Distribution

Texte
Comédien(s)
Crédit Photo Visuel

Coréalisation La Reine blanche / Les Déchargeurs & l'Espace des arts, Scène nationale de Chalon-sur-Saône

Spectacle soutenu par l’ADAMI et le dispositif “ADAMI Déclencheur“

Avec le soutien de :

Multimédia

 
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Notes & extraits

LE MOT DE LA CO-METTEURE EN SCÈNE ET INTERPRÈTE
Toute famille se construit sur des absences, des disparitions, des silences, des secrets. Interroger ce que l’absence d’un être a provoqué sur la construction de toute une famille, est pour moi, passionnant. Après ma lecture publique de L’autre fille, il m’a semblé essentiel de prolonger l’aventure, de l’accompagner dans le temps, d’entreprendre un travail sur le la lumière et les sons qui viendront soutenir le vertige des silences, de l’indicible et de l’absence.
L’autre fille est pour Annie Ernaux, l’un de ses textes les plus intimes. Ce récit fait pour moi écho à un autre récit enfoui lui aussi, de mon histoire familiale. Et il me semble que dans chacun de ses textes, Annie Ernaux dévoile un « événement » de notre vie personnelle et collective. J’éprouve une forme de reconnaissance envers l’auteure d’avoir pu mettre en mots si justes, si décapés, son histoire, pour nous permettre d’aller à la rencontre de la nôtre. C’est pour chacun de nous, un travail d’excavation, de retour à une mémoire ancienne, oubliée et retrouvée. Annie Ernaux dit qu’elle a écrit ce texte « parce qu’elle devait le faire et ignorait qu’elle devait le faire ». Mes raisons de porter L’autre fille, à la scène sont les mêmes : Je dois le faire.
Marianne Basler

EXTRAIT
Peut-être que j'ai voulu m'acquitter d'une dette imaginaire en te donnant à mon tour l'existence que ta mort m'a donnée.
Ou bien te faire revivre et remourir pour être quitte de toi, de ton ombre. T’échapper.
Lutter contre la longue vie des morts.
Evidemment, cette lettre ne t’est pas destinée et tu ne la liras pas. Ce sont les autres, des lecteurs, aussi invisibles que toi quand j’écris, qui la recevront. Pourtant, un fond de pensée magique en moi voudrait que, de façon inconcevable, analogique, elle te parvienne comme m’est parvenue jadis, un dimanche d’été, la nouvelle de ton existence par un récit dont je n’étais pas non plus la destinataire