Présentation

L'Affranchie de Pauline Moingeon Vallès
Date(s) : du 18 Jan 2018 au 2 mar 2018
Jeudi
Vendredi
à 21h15
Durée : 1h

Ce matin, je me suis réveillée, j’entendais tout !

L’Affranchie est l’histoire vraie d’une renaissance, celle d'Alice Albert.
À 4 ans, Alice perd sa mère. Elle est alors adoptée par une femme qui a aussi élevé Vincent, ce frère d’adoption avec qui Alice partage un amour fusionnel. À 13 ans, elle tombe enceinte. Elle qui depuis toujours écoute le monde de tout son être va être internée par cette mère qui n’a jamais su appréhender les singularités d’Alice et qui craint maintenant les préjugés.
Aujourd’hui, Alice à 36 ans, elle recouvre sa liberté donne rendez-vous à son fils, Nim, qu’elle n’a pas revu depuis leur séparation quand il avait un an. C’est dans l’attente de ce fils qu'Alice se livre à nous et nous offre la parole libératrice et lumineuse d'une femme qui s'éveille. Enfin.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Retrouvez toute l'interview sur ce lien / Radio campus Paris

Un souffle libérateur et enchanteur. Un personnage prenant, troublant et extrêmement attachant. Ce seule-en-scène dégage énormément d’espoir. / United states of Paris - 13/01/2018 - Jean-Philippe

Distribution

Coréalisation Les déchargeurs / Zineb Urban Théâtre

Avec le soutien de Brodkast

Multimédia

Notes & extraits

MOT DE L’AUTEURE
Qui sommes-nous ? Pouvons-nous exister sans la connaissance de nos aînés ? Trouver notre identité, appartenir au monde dans lequel on évolue en étant différent, sans racine, tel est le thème abordé.

Tout part d'une improvisation au plateau : une écoute attentive, un besoin de revendiquer son existence, lâcher prise, quitter sa prison mentale pour être à soi et aux autres. Puis vient la retranscription des faits sur le papier, les questions, les recherches, les interviews. L’envie de retracer le parcours d'une famille dont les liens ont été rompus, de panser les blessures de la génération passée, de retrouver qui nous sommes vraiment, l'accepter pour éduquer nos enfants avec plus de liberté.

Écrire ce texte s’est présenté comme un exercice de méditation. Prendre le temps de respirer et d’écouter est indispensable. De même faire un pas vers la source de soi au-delà de la recherche généalogique, comprendre et reconnaître que nous faisons partie d’un tout, nous sentir appartenir au monde qui nous entoure est essentiel à chaque instant de notre vie.
Pauline Moingeon Vallès

MOT DE LA METTEUR EN SCÈNE
Alice se dessine sous nos yeux, avec son franc parler et ses manies. D'abord son étonnant et déconcertant bien-être puis la découverte de ses souffrances, et pour finir, la révélation de son pouvoir, son hypersensibilité, sa force de vie. Elle se raconte mais dans quel but, un bruit sourd est là, en arrière-plan, des questions sans réponse et une envie pressante : Je veux voir mon fils.
Ce récit, nous le voulons sans drame ni artifice, dans un dénuement émancipateur, laissant résonner la parole. La logorrhée d'Alice se déploie et nous aspire dans un même souffle jusqu'à la fin.

Nous sommes dans son nouvel appartement, lieu de fierté et de liberté pour Alice. Nous assistons aux premières résonances dans ce nouveau « chez soi ». Encore peu de mobilier, une chaise, un tabouret, un carton et une fenêtre grande ouverte sur le devant. Malgré le souvenir des confusions vécues, le récit ne stagne pas, il s'interrompt par moment, suspensions silencieuses, mais il avance inexorablement, toujours vivant et dynamique. Et c'est cette énergie qui est mise en avant dans une interprétation musclée des mots, une corporalité engagée. Là où le corps est dans une présence évidente, où le corps raconte déjà beaucoup et où la parole peut surgir forcément juste, comme la cerise sur le gâteau. L'Affranchie c'est une traversée des ténèbres jusqu'à l'aube, un plateau qui s'illumine imperceptiblement pour finir gorgé d'une lumière victorieuse, sans frontière.
Elise Touchon Ferreira

EXTRAIT
Entretien clinique numéro 91 ; sujet : Alice ; âge : 14 ans

-Pourquoi êtes-vous contrariée, Alice ? N’aimez-vous pas votre sculpture ?
-Bah non !
-Pourquoi Non ? ... N’êtes-vous pas fière de vous ?
-Oh ! Mais putain c’est pas le problème !... C’est juste que j’en ai rien à foutre de votre thérapie par l’objet d’art. J’suis pas une artiste, moi ! J’ai fait de la merde c’est tout.
-Que représente cette œuvre pour vous ?
- Mais rien et c’est pas une œuvre. Hé ! Vous virez à l’obsession, ma parole. Pire que ma mère.
-Oui ? Continuez.
-Vous faites chier ! Je veux juste une conversation normale, mais visiblement y a pas moyen dans cet hosto, pas même dans votre bureau.

Un temps

- Vous avez dit « ma mère » de qui voulez-vous parler ?
- Je sais pas moi, de vous ?

Un temps.

Un jour, ils m’ont fait asseoir sur mon lit dans ma chambre, l’air hyper sérieux. J’avais cinq ou six ans, c’était assez tendu comme ambiance :
« Alice ?! Alice ?! On a quelque chose de très important à te dire, ton père et moi. Ça y est, je t’ai adoptée. Tu comprends ? Maintenant je suis ta vraie maman. Elle a compris ?»