Jeu et théorie du duende

Federico García Lorca

Présentation

Jeu et théorie du duende de Federico García Lorca
Date(s) : du 26 nov 2013 au 21 déc 2013
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 19h30
Durée : 1h15

La flamme du duende ne s’explique pas, elle se ressent surtout.

Avant-première le 12 novembre à 18h

Le gitan est ce qu'il y a de plus élevé, de plus profond, de plus aristocratique dans mon pays, de plus représentatif de sa manière et ce qui conserve la braise, le sang et l'alphabet de la vérité andalouse et universelle.
Mais le duende…Où est le duende ? A travers l’arche vide souffle un vent spirituel qui balaie avec insistance les têtes des morts, en quête de nouveaux paysages et d’accents inouïs ; un vent qui fleure la salive d’enfant, l’herbe broyé et le voile de Méduse, et qui annonce le perpétuel baptême des choses fraichement créées.
Jeu et théorie du duende
Federico García Lorca

Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse. Nietzsche

Jeu et théorie du duende est une ode à la nature, à la chair, aux forces cosmiques, à l’intériorité, au flamenco, à la mort comme spectacle, à l’Espagne. C’est aussi un hymne au mode de vie gitan qui n’a jamais perdu contact avec la terre, la création.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

La presse en parle :

Coup de cœur (…) magistralement interprété par Mireille Perrier / France Culture, Changement de décor

Distribution

publié aux éditions
Traduction
Mise en scène
Comédien(s)
Lumières
Costumes

Coréalisation Les Déchargeurs / la compagnie TBNTB.

Avec le soutien de la Ménagerie de verre dans le cadre du studiolab et la région Languedoc-Roussillon et de la Spedidam.

Multimédia

Notes & extraits

Mot de l'auteur

Federico García Lorca naît en 1899 au sein d’une famille andalouse aisée et libérale. Il s’intéresse très tôt aux différents domaines des arts et emprunte la voie de la poésie dès 1921 avec Canciones puis Romancero gitano (1928). En alliant modernité et folklore populaire, García Lorca emporte rapidement la reconnaissance du public. Ses nombreux voyages, notamment sur le continent américain, ont approfondi et enrichi ses oeuvres (Poète à New York, 1934). Dès 1935, García Lorca bifurque légèrement vers le chemin dramatique. Il fonde la Barraca, sa propre compagnie théâtrale et met en scène de grands classiques. Il peut alors y représenter ses pièces Noces de sang (1933), Yerma (1935) et la Maison de Bernarda (1936). Cette trilogie tragique reste l’une de ses oeuvres majeures. Federico García Lorca est fusillé par les franquistes en 1936

Note du metteur en scène

Je tiens à mentionner que le texte Jeu et théorie du duende de García Lorca n’a pratiquement jamais été mis en scène. Jeu et théorie du duende est une conférence que Lorca a donnée dans les années 1933-1934 à la Havane, à Buenos Aires et à Montevideo. Lorca aborde dans ce texte très inspiré ce qui fait la spécificité de l’Espagne et notamment de sa terre natale, l’Andalousie : le duende – difficilement traduisible - l’inspiration, le don, le génie... que Lorca rattache aux grands artistes espagnols - peintres, danseurs de flamenco, toréadors, chanteurs, danseurs gitans. Le duende : c’est l’esprit, dans sa manifestation active, visible, son incarnation dans un corps. Federico García Lorca témoigne de cette valeur profonde que nos sociétés modernes ont mise à mal. De mon point de vue, le duende est une question pleinement actuelle et politique. En assassinant Lorca, les franquistes ont voulu tuer le duende, autrement dit ces forces de l’esprit, de la terre que l’Espagne républicaine a tenté de défendre jusqu’au bout contre la barbarie des guerres et des lâchetés de l’histoire politique moderne. Aujourd’hui, nous observons combien le duende, cette force propre à la conscience humaine, est niée par le pouvoir matérialiste qui tue l’imaginaire. Les gitans, qui survivent difficilement dans nos sociétés, qui les traversent, sont les rares détenteurs, encore, du duende avec leur mode de vie nomade, leur philosophie de l’éphémère et de la dépense, leur refus des possessions. Ma mise en scène de ce texte essentiel de Lorca entend rendre hommage au peuple tsigane, aux poètes encore debout, à l’Espagne comme symbole. Plus que jamais, nous avons besoin du duende comme chaleur, comme présence humaine, comme force d’échange, de partage. L’art doit reprendre toute sa place dans nos sociétés, non pas comme une distraction, un accessoire, sec, mais comme un fondement sans quoi l’humain se tarit. J’ai choisi pour interpréter ce texte de Lorca l’actrice Mireille Perrier qui porte en elle un engagement total. C’est cette flamme, son extrême émotion, j’irais même dire son duende d’actrice qui m’a subjugué et m’a donné envie de travailler avec elle. La flamme du duende ne s’explique pas, elle se ressent surtout. Mais elle ne peut advenir, se révéler que dans un corps à corps, à mort, avec soi-même. Le duende est à la fois un risque et une douleur. C’est à ce prix qu’il se manifeste, comme une joie conquise. Tous les régimes totalitaires se sont sentis menacés par le duende. Mais on ne peut pas le tuer.

Benjamin Barou-Crossman

Extraits

Le gitan est ce qu’il y a de plus élevé, de plus profond, de plus aristocratique dans mon pays, de plus représentatif de sa manière et ce qui conserve la braise, le sang et l’alphabet de la vérité andalouse et universelle.
Mais le duende…Où est le duende ? A travers l’arche vide souffle un vent spirituel qui balaie avec insistance les têtes des morts, en quête de nouveaux paysages et d’accents inouïs ; un vent qui fleure la salive d’enfant, l’herbe broyé et le voile de Méduse, et qui annonce le perpétuel baptême des choses fraichement créées.