Présentation

Date(s) : du 4 sep 2018 au 22 sep 2018
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 21h30
Durée : 1h10

À 90 degrés est la lettre d’adieu de Marthe, femme alcoolique, à Christophe, son compagnon et père de ses enfants. C’est le récit de son inexorable descente aux enfers, de ses luttes vaines contre l’addiction, de ses remissions, des cures, des rechutes et de leurs espoirs déçus, à elle et à sa famille, broyées par l’irrésistible désir du « s’abimer dans l’alcool jusqu’à la mort ».

Il y a du malheur brut dans ce spectacle, mais il y a aussi et surtout l’espoir, jamais tronqué, jamais menteur, de vivre pour espérer le mieux, la vie d’avant ou celle d’après lumineuse et libérée.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Le pourquoi est indéfini. Et la souffrance immense. Une pièce fragile et sensible. / L’Humanité
Elizabeth Mazev est bouleversante. / Télérama
Bouleversant et émouvant. Un seul-en-scène captivant ! / Mediapart

Distribution

Coréalisation La Reine blanche / Les Déchargeurs en accord avec Nuage Citron

Multimédia

 
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Le dossier du spectacle
Le dossier du spectacle

Notes & extraits

NOTE D’INTENTION
On a tous, dans le périmètre de notre vie, une personne qui a basculé. On dit : péter un plomb, une durite, un boulard : c’est la machine qui s’enraye ou déraille. La dépression de l’âme est infinie. A l’intérieur, la dépendance est rageuse, à l’extérieur, c’est une mine antipersonnel qui ampute tout : les proches, la famille, le quotidien, le rapport au temps, la joie… Marthe est un de ces êtres emportés, trop fragiles, que la vie brise. Parfois ils s’en sortent. Parfois non. Pourquoi ? Personne ne le sait. La maladie de Marthe est un arbre aux mille racines et aux mille cimes. Un arbre fleuri de mystère. J’ai eu tout contre moi, une personne embarquée dans cet indicible mal à vivre, droguée d’alcool. J’ai voulu lui donner une voix, une parole qui creuse sa difficulté à vivre, l’impossibilité d’échapper à sa souffrance. J’ai ouvert ses entrailles pour y révéler la lutte incessante contre la maladie et le désespoir, l’espoir et la chute, les dommages collatéraux.

J’ai voulu partager la souffrance intime de Marthe, avec pudeur, et accompagner ce personnage femme dans ses errances. Pour cela j’ai choisi d’écrire ce texte en spirale pour amener le spectateur au cœur de la folie, créer dans le texte un mouvement qui ouvrirait sur un sentiment universel, dessinant en filigrane, le portrait d’une société faiseuse d’êtres troués, buveurs infinis des malheurs du monde.
Ce monologue décrit ce qui résonne comme un tabou sociétal : celui de la dépression des femmes, des mères alcooliques qui se détruisent en toute conscience, qu’on ignore et qu’on tait car une mère ne doit-elle pas être qu’amour ?
Elizabeth Mazev est cette Marthe là, folle d’amour et de haine, happée par le manque et la difficulté à vivre, qui semble être passée à côté de sa vie et qui regarde en arrière avec une lucidité redoutable. Par son talent et sa sensibilité, elle dessine le portrait d’une dépression, dans un long cri d’amour, d’un seul souffle.
Frédérique Keddari-Devisme

EXTRAIT
J’ai tout bu, le malheur du monde je l’ai bu jusqu’au dernier meurtre. Les guerres, les misères, les ongles incarnés, les cancers, les adultères, les mensonges, les tueries, les carnages, les injustices, les vieux dans les hospices, les accidents, les viols d’enfants, les hommes qui pleurent, les licenciés, les déprimés, les condamnés. Moi, je bois tout ça. Il y a des êtres que j’envie pour qui vivre est une évidence. Les salops.

On tombe d’un amour. On tombe d’un chagrin. On s’égratigne plus que les genoux quand on tombe d’un amour et d’un chagrin. Je suis tombée et je me suis relevée encore une fois, l’œil bleu. C’était moche ce gonflement que j’avais sous l’œil : un steak avarié à l’image de ma vie que je m’appliquais consciencieusement, par rasades, à anesthésier.

Je voulais y arriver, je voulais m’appartenir et trouver ma place. Je ne voulais pas te faire tout ce mal, je ne voulais pas et puis oui, et puis oui je voulais que tu meures. Oui je voulais qu’on y aille tous les deux dans la mort comme Roméo et Juliette. Mais ce n’est pas Roméo et Juliette, c’est Marthe et Christophe, Marthe et Christophe mis en bouteille à la propriété.

Comment fait-on quand on n’y arrive pas ? Comment fait-on quand on ne trouve pas l’issue ? Comment ça arrive ? Comment ça s’insinue ? Où est ta main mon amour, où est ta main, serre-moi bien. Comment fait-on, ne me lâche pas. Comment fait-on j’y arrive pas.

Je tiens à toi. Je TIENS à toi.