Fernando Pessoa

Il n'est pas de mois sans qu'une pépite nous soit révélée / Le Figaro

Né à Lisbonne en 1888, encore presque inconnu à sa mort, Fernando Pessoa est considéré aujourd’hui comme le plus grand écrivain de son pays depuis la Renaissance. Son père est décédé lorsqu’il avait cinq ans et entre 1896 et 1905, il vécu a Durban, en Afrique du sud, ou le second mari de sa mère exerçait les fonctions de Consul. De retour au Portugal, il n’a guère quitté Lisbonne, où il est mort en 1935, pauvre et méconnu du grand public, malgré son rôle incontesté de chef de file du modernisme portugais et l’importance, qualitative et quantitative, de ses collaborations aux revues littéraires de l’époque.
Portugais, mais de formation anglaise, à la fois cosmopolite et nationaliste, sentimental et cynique, rationaliste et mystique, classique et baroque, il a fait de ses contradictions la matière même de son oeuvre. Pour « tout sentir de toutes les manières » il a laissé dialoguer entre elles les diverses personnalités qui existaient virtuellement en lui et leur a donné une réalité fictive par l’écriture.
Les « hétéronymes », dont Alberto Caeiro, Ricardo Reis et Alvaros de Campos qui se réclament du « paganisme ». Le « demi hétéronyme » Bernardo Soares, qui a choisi de rêver sa vie plutôt que de la vivre et auteur du très célèbre « Livre de l’intranquilité ». Et Fernando Pessoa « lui-même », poète tour à tour élégiaque, épique, érotique et mystique, sont tous les héros de ce drame en personne, dont la scène et la conscience de leur créateur. De son vivant, Fernando Pessoa n’a publié qu’un livre : Mensagem (1934), vingt volumes ont vu le jour depuis sa disparition. Traduits un peu partout dans le monde, sujets de thèses universitaires et de commentaires savantissimes, les textes de Pessoa prennent petit à petit la place qui est la leur dans la littérature de ce siècle : une des premières.