L'Avare

Molière / Jacques Osinski

- Votre père est amoureux ?
- Oui; et j’ai eu toutes les peines du monde à lui cacher le trouble où cette nouvelle m’a mis.
- Lui se mêler d’aimer ! De quoi diable s’avise-t-il ? Se moque-t-il du monde ? Et l’amour a-t-il été fait pour des gens bâtis comme lui ?
(L’Avare, acte II, scène1)

Présentation

L'Avare de Molière
Date(s) :
à 20h30
Durée : 2h

Molière / Jacques Osinski

« J’ai le désir de te faire jouer Harpagon. Naturellement j’ai une conception de Jouvet dans Harpagon, toute différente de celle que j’ai indiquée à Dullin, et dont l’interprétation générale de la pièce subira le contrecoup… Une indication générale seulement : un Harpagon beaucoup plus bourgeois, beaucoup plus décent et par conséquent beaucoup plus hypocrite (sans être mielleux). Le ton de l’interprétation beaucoup plus austère. Un beau vieillard. Un beau veuf. Pense à cela. Et dis-moi si ça te ferait plaisir. » Lettre de Jacques Copeau à Louis Jouvet

La presse en parle

Très drôle et inquiétant. Harpagon fait rire, franchement. Les joutes verbales sont millimétrées, savoureuses, mitonnées aux petits oignons. / L'Humanité

Frissung joue le veuf endeuillé, sans autre raison de vivre que son argent (...) Osinski prend au mot l'Avare au coeur sec quand il prétend aimer Marianne / Le Figaro

Distribution

Coréalisation Les déchargeurs /

Coproduction Théâtre Jean Vilar de Suresnes

Avec le soutien du Théâtre Jean Arp Scène conventionnée de Clamart

Avec le soutien de :

Multimédia

 
00:00

Notes & extraits

NOTE DU METTEUR EN SCENE

Extrait

Dans un décor réaliste, contemporain, j’ai envie d’observer cette vie de famille, comme on observe par le trou de la serrure. L’Avare est une pièce étrange : commencée comme un drame dans les deux premières scènes, elle s’affirme en comédie pour finir dans un invraisemblable romanesque. J’ai envie de la monter comme un roman policier : avec un vrai suspens. Je pense à certains faits divers : la famille Pastor, le meurtre de Bernard Mazières par son fils… Comme souvent d’ailleurs dans les romans policiers, il y a une fausse piste (cette fausse marquise évoquée par Frosine pour appâter Harpagon). Comme dans les romans policiers, la vérité des âmes éclate sans masque. A l’abri du cercle intime, les personnages s’envoient à la figure des vérités que l’on préfère taire en société. Valère a beau s’abriter sous des masques, la pièce dynamite l’hypocrisie, pas si lointaine finalement du film Festen. Elle dit une vérité crue : la famille n’est pas le cercle de douceur que le XIXe siècle voulut idéaliser. Molière la met à sac sans hésiter. Contrairement à ce qui se passe dans Tartuffe, l’ennemi vient de l’intérieur.

Jacques Osinski - Juillet 2014

EXTRAITS
Car enfin peut-on rien voir de plus cruel que cette rigoureuse épargne qu’on exerce sur nous, que cette sécheresse étrange où l’on nous fait languir ? Et que nous servira d’avoir du bien, s’il ne nous vient que dans le temps que nous ne serons plus dans le bel âge d’en jouir…

Cléante, L’Avare, acte I scène II

- Votre père est amoureux ?

- Oui; et j’ai eu toutes les peines du monde à lui cacher le trouble où cette nouvelle m’a mis.

- Lui se mêler d’aimer ! De quoi diable s’avise-t-il ? Se moque t-il du monde ?

Et l’amour a-t-il été fait pour des gens bâtis comme lui ?

L’Avare, acte II, scène I