Les Femmes de génie sont rares ?

Anne Rougée

Présentation

Les Femmes de génie...
Les Femmes de génie sont rares ? d' Anne Rougée
Date(s) : du 7 Jan 2013 au 8 avr 2013
Lundi
à 19h30
Durée : 1h20

- Tu veux prouver quoi ?
- Rien.

- On n'est plus au XIXe siècle.
- Justement !

Une question provocante pour une pièce sur les questions de genre et de création. Trois figures historiques de femmes de science : Marie Curie, Ada Lovelace et Émilie du Châtelet sont évoquées par une comédienne et un comédien à différentes étapes du travail de création théâtrale : dans la loge, en répétition et en représentation.

Trois parcours de femmes à travers les difficultés qu'elles ont rencontrées pour se faire une place dans un monde d'hommes.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

Distribution

Texte
Mise en scène

Coréalisation Les Déchargeurs / La Comédie des Ondes

Cette pièce a été créée en partenariat avec l'association femmes & mathématiques et a obtenu le label Année Internationale de la Chimie 2011.

La Comédie des Ondes est soutenue par la Ville de Palaiseau.

Multimédia

Notes & extraits

Pourquoi s’intéresser aux figures des pionnières de la science ? Qu’est-ce que leur histoire peut nous apprendre aujourd’hui ? Comment parler de ces figures du passé au public d’aujourd’hui ? Comment faire le lien entre elles, leurs parcours, les difficultés qu’elles ont eu à surmonter et la réalité que nous connaissons dans la société d’aujourd’hui ?

Faire entendre une parole de femme qui soit à la fois scientifique et artistique. Une parole d’aujourd’hui. Une parole nourrie d’une expérience vécue à la fois dans le domaine de la science et dans le domaine du théâtre. Entrecroiser les processus de la création artistique et de la recherche scientifique. S’interroger sur les stéréotypes qui perdurent encore au XXIe siècle : peut-on être femme et scientifique ? Peut-on être scientifique et artiste ?

Anne Rougée

Anne Rougée souhaitait retravailler un spectacle qu’elle avait créé à partir de textes et correspondances de Marie Curie. Elle me demandait d’en faire la mise en scène. Lors de nos premières rencontres, elle me fit partager sa passion pour la vie et le personnage de Marie Curie. J’ai senti alors que son approche sur ce sujet était ancrée chez elle d’une façon plus charnelle.

Anne avait une autre histoire à raconter : celle des femmes de sciences. Elle me parlait de la physicienne Émilie du Châtelet et de la mathématicienne Ada Lovelace. Je lui ai proposé de partir à l’aventure de l’écriture. Je n’ai pas beaucoup insisté car elle avait l’envie et le besoin d’écrire. Par sa pièce, elle fait revivre tous ces personnages qui résonnent en elle comme des modèles, des amies, des sœurs. Son texte est aussi une histoire de théâtre, de représentation et de création. C’est un miroir entre les différents temps : passé, présent, avenir. Ces mots, ce sont des fils qui se tissent, se nouent et se dénouent entre les êtres : histoires de couples et de genres.

Tous les personnages sont mis en perspective par cette question : qu’est-ce que le féminin et le masculin ? Quels sont les attributs et les attributions de l’un et de l’autre ?

J’ai repris dans ma mise en scène tous ces moments de rencontre, de vie, de spontanéité et de construction dans un échange libre et immédiat.

Stéphane Baroux

Lui - Ça me revient : on avait dit qu’il fallait que tu retravailles l’écriture de cette scène.

Elle - Comment ça ?

Lui - Tu as avancé là-dessus ?

Elle - Mais…

Lui - On ne peut pas garder ça. Ada et Babbage se disputent, d’accord. Mais tel que c’est écrit, ça ne passe pas. Les enjeux ne sont pas assez développés.

Elle - Mais si ! Ils sont en rivalité sur des questions de propriété intellectuelle…

Lui - Ben non. On n’y croit pas.

Elle - Ça c’est autre chose. On verra après avec la mise en scène et l’interprétation…

Lui - Non. Les choses doivent être dites. Sinon on passe à côté de l’essentiel. Tu n’avais pas dit que tu avais repris l’écriture ?

Elle - Mais…

Lui - Oui ou non ?

Elle - Je t’ai dit : je suis bloquée. Je me pose encore plein de questions sur cette partie…

Lui - C’est vraiment cette histoire-là que tu veux raconter ?

Elle - Quelle histoire ?

Lui - La folie… le génie créateur ?

Elle - Je ne sais pas. Je ne sais plus !