King Kong Théorie

Virginie Despentes

Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l’air.

Présentation

King Kong Théorie de Virginie Despentes
Date(s) : du 12 Jan 2016 au 6 fév 2016
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 19h30
Durée : 1h15

Un salon de beauté, cinq jeunes femmes qui font bouger les lignes, qui repensent les notions de la féminité et de la masculinité. Nous parlons ici de celles qui baiseraient avec n'importe qui voulant bien d'elles, de celles qui sont trop mal foutues pour pouvoir se saper comme des chaudasses mais qui en crèvent d'envie ; pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui ne savent pas se battre, ceux qui chialent volontiers, ceux qui ont peur tout seul le soir.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Les comédiennes envahissent la scène comme une rafale / Ô Magazine

Jubilatoire! / L’œil d'Olivier

A voir sur scène de toute urgence / Bulles de culture

Ces corps de femme sont investis avec talent par les comédiennes. Une polyphonie mélodieuse et intelligemment réfléchie, bien découpée et cadencée. / Artistik Rezo

Un très bon spectacle / Vivant.org

Distribution

Coréalisation Les Déchargeurs / 411 pierres

Multimédia

Dossier de presse
Dossier de presse

Notes & extraits

Si je repense à l’époque où est paru Baise-moi, il me semble que la société est devenue plus prude, et l’atmosphère plus réactionnaire. En même temps, sur la féminité, on est plus ouvert. Si une jeune femme écrivait l’équivalent de Baise-moi aujourd’hui, cela ne susciterait pas les mêmes réactions qu’il y a vingt ans, sur le mode : une jeune fille ne doit pas écrire sur le sexe, et pas de cette façon ! Et pourtant, on voit bien comment la figure de la femme-mère est revenue en force depuis une quinzaine d’années, assignant à la femme cette fonction maternelle qui devrait être spontanée, instinctive.

Virginie Despentes
propos recueillis par Nathalie Crom, Télérama, 15 janvier 2015

Comment ne pas se sentir concerné(e) par King Kong Théorie ? Moi qui suis née vingt ans après Virginie Despentes, voilà un texte qui m’a aidée à vivre, à réfléchir, à me construire. Car chacune, et chacun, peut retrouver dans l’expérience de Despentes un bout de son histoire : c’est avant tout de nous, hommes et femmes, que parle King Kong Théorie, de nous et de nos tentatives pour vivre ensemble. Au-delà du personnel, King Kong Théorie est surtout un formidable terrain de jeu théâtral. Il y a d’abord le style : ce style-fleuve et fleuri, cet humour décapant, cette énergie qui affleure à chaque page. Et puis surtout, cette omniprésence du corps : corps enfermé, entravé, blessé, violé, mais aussi corps libéré, montré, vendu de son plein gré ; corps sexuel, jouissant, exaltant, autant que corps désacralisé, corps à nu, corps sans artifice.
Il s’agit donc de faire entendre ce texte, aussi fidèlement que possible et sans céder à la facilité du politiquement correct. Il s’agit de le faire entendre par le biais d’un théâtre où le corps occupe une place centrale ; un théâtre à l’image du livre, drôle, structuré, intelligent, mais aussi provoc, trash, punk, hors cadres. Porteur d’une réflexion collective, ce texte est porté par un collectif : un groupe de cinq comédiennes qui s’approprie ce « je » si personnel et si universel. Cinq jeunes comédiennes d’aujourd’hui, aux corps, aux vécus, aux personnalités forcément plurielles. Le pari de cette adaptation est celui d’un objet théâtral créateur de débat, de réflexions et d’émotions.

Emmanuelle Jacquemard

Nous parlons donc d’ici, de chez les invendues, les tordues, celles qui ont le crâne rasé, celles qui ne savent pas s’habiller, celles qui ont peur de puer, celles qui ont les chicots pourris, celles qui ne savent pas s’y prendre, celles à qui les hommes ne font pas de cadeau, celles qui baiseraient avec n’importe qui voulant bien d’elles (…) celles qui sont trop mal foutues pour pouvoir se saper comme des chaudasses mais qui en crèvent d’envie (…), celles qui ne savent pas être rassurantes, celles qui s’en foutent de leurs enfants, celles qui aiment boire jusqu’à se vautrer par terre dans les bars, celles qui ne savent pas se tenir ; aussi bien et dans la foulée que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne savent pas se battre, ceux qui chialent volontiers (…) ceux qui ne veulent pas qu’on compte sur eux, ceux qui ont peur tout seuls le soir.