Mon premier homme

Elena Issaïeva

Présentation

Mon premier homme d' Elena Issaïeva
Date(s) : du 12 oct 2010 au 20 nov 2010
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 20h00
Durée : 1h15

Trois femmes, sous influence, se racontent avec espièglerie.

Paroles authentiques de trois femmes qui nous découvrent leur jardin secret. Des récits sensibles, sincères, s'entrecoupent, se répondent et parfois s'opposent. Des souvenirs et des fantasmes se révèlent. Des femmes se disputent avec humour l'intérêt du spectateur et nous dévoilent une manière d'aimer.

Manifestation organisée dans le cadre de l’Année France-Russie 2010 / www.france-russie2010.fr

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Pariscope / « Le résultat est saisissant grâce à la qualité du jeu (…) Une belle découverte ».

Distribution

Coréalisation Les Déchargeurs / La cie du Contexte

manifestation organisée dans le cadre de l’Année France-Russie 2010 / www.france-russie2010.fr

Multimédia

Notes & extraits

Ce projet naît à Moscou en 2001 d’un désir commun de création avec trois jeunes comédiennes russes, l’auteur de la pièce Eléna Issaïeva et moi-même.

Des idées sont lancées et se dégage l’envie de parler de la vie interne, de ce dont on ne parle pas, de mettre le doigt sur des sujets tabous.
Un thème s’impose à nous : le premier homme dans la vie de chaque femme.

Eléna entreprend alors une série d’interviews sur des femmes de tout âge, de tout rang social, de tout univers. De ces précieux témoignages et par son talent de dramaturge « Mon premier homme » voit le jour.

Je n’ai pas réalisé tout de suite la portée de ce texte qui me semblait être au début un sujet banal. J’ai vite compris au fil du travail que nous abordions un thème sensible, riche et inépuisable, celui de l’amour ancré et profond qui pousse chaque femme à exprimer sa propre manière d’exister, et combien le caractère de chacune les amène à retranscrire les évènements avec un degré plus ou moins grand de fantasme dans le souvenir.
Car c’est bien de cela dont nous parlons : d’une réalité subjective dans le discours.

Mon intérêt premier était de ne pas entrer dans une parole didactique mais que chaque comédienne implique tout son être au moment présent du récit. Elles ne racontent pas. Elles revivent intensément chaque élément du puzzle de la mémoire avec tous les tours de passe-passe joués par le ressenti humain. Le souvenir grossit, déforme, embellit ou aggrave la réalité.

J’ai vivement souhaité que chacune mette en valeur son propre sens de l’humour. C’est la course effrénée à la parole, la surenchère, et chaque fille combat avec les armes de son charme unique. Elles ne se plaignent pas. Elles veulent juste faire entendre au monde à quel point leur histoire est plus intéressante que celle des autres. Il n’y a aucune place pour les lamentations, il s’agit avant tout d’une bataille sans fin pour l’amour.
Le comique de situation est créé par cette surenchère. Comment procède-t-on pour se faire entendre à tout prix ? Entre en jeu l’importance de l’autodérision, de l’ironie, et de l’implication directe de l’interlocuteur.

J’ai donc orienté le travail vers un mode de jeu basé sur le naturel organique. On doit avoir l’impression qu’on est allé chercher ces filles dans la rue cinq minutes avant le spectacle et qu’on leur a demandé de parler de ce qu’elles ont vécu, de ce qui fait qu’elles agissent aujourd’hui de telle ou de telle manière.
Le caractère des personnages est de ce fait au plus proche du fonctionnement personnel de chaque comédienne, investi bien sûr dans des histoires qui ne sont pas les leurs.

Depuis neuf ans, « Mon premier homme » ne quitte pas la scène du Théâtre.Doc à Moscou et connaît un succès ininterrompu. Quatre équipes de comédiennes ont joué tour à tour, et je découvre chaque fois mon spectacle à travers les yeux du public. Je n’en avais pas mesuré l’impact étonnant qu’il a aussi bien sur les femmes que sur le public masculin.
Il me semble que notre thème est une question ouverte à la vie intérieure du spectateur.
Les filles parlent ouvertement de leur intimité et rien ne les arrête. Elles sont en relation directe avec le public et un travail inconscient d’identification aux histoires personnelles de tous s’opère.

Je découvre donc au fur et à mesure que ce spectacle comporte une dimension universelle et mon parcours professionnel me menant en France, je décide de faire traduire le texte et de confronter une nouvelle mise en scène au public français.
Dans cette version jouée par des actrices françaises, j’ai choisi de ne garder aucun vestige du contexte russe car l’important n’est pas de situer l’action mais d’entendre une parole humaine.
Ces personnages ne sont pas typiquement russes, mais internationalement femmes.