Fallait pas me mentir

Présentation

Fallait pas me mentir
Date(s) : du 23 aoû 2010 au 13 déc 2010
Lundi
à 20h00
Durée : 1h00

« Fallait pas me mentir… » ou la quête d’absolu d’une jeune coiffeuse blessée pour se sentir aimée…

Alors que vous êtes assis dans la salle, dès les premiers mots, vous êtes témoins de cette histoire, « son » histoire. Ce qui se joue devant vous, entre drame et comédie, se joue pour vous et avec vous… A la manière des héroïnes de tragédie, le personnage se livre sous vos yeux et tombe le masque : vous ne faites plus qu’un avec lui… Tour à tour témoin, victime et complice de son aventure, vous vous demandez jusqu’où elle est prête à aller…

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Télérama Sortir / T "La comédienne (...) a de la générosité. Elle nous emmène dans une confession (...) de femme amoureuse blessée."

Distribution

Mise en scène
Comédien(s)
Crédit Photo Visuel

Coréalisation Les Déchargeurs / La Compagnie du Diable Rouge

Multimédia

Notes & extraits

Le postulat de la pièce est une métaphore théâtrale puissante parce qu’il instaure trois éléments que nous croyons toutes deux essentiels à tout spectacle vivant : l’immédiateté, l’urgence et l’imprévu. Une certaine forme de danger donc…
Soyons clairs : même si la situation pourra être équivoque durant les premières secondes, l’idée n’est pas de laisser
planer le doute pendant une heure sur des spectateurs désemparés. Une fois le ressort dramatique et la convention
acceptés, le texte invite en fait à la rencontre d’un personnage pris au piège dans un rapport d’intimité directe – qu’il n’avait ni prévu, ni anticipé – avec le public. Une rencontre avec sa détresse, sa solitude, sa fragilité, son humour…
Monter sur une scène en réclamant d’être regardé et écouté par les autres interroge naturellement : quel est le message de l’individu qui fait cela ? Qu’est-ce que cela raconte de lui ? Qu’est-ce que cela raconte de nous ?
Telles sont les questions posées, en aparté, durant ce spectacle qui mêle rire et larmes, écriture contemporaine,
extraits d’oeuvres classiques (de Racine, Shakespeare, Tchekhov) et échange inévitable avec le public.
Il interroge l’idée de représentation, brisant momentanément le « quatrième mur », celui qui sépare l’acteur du spectateur et le plateau de la salle, la frontière entre mensonge et vérité, fiction et réalité.

Alexandra Dadier et Emmanuelle Scali

Interview d’Elie Chouraqui par Marie-Céline Nivière

C’est votre première mise en scène en théâtre ?

En ce sens oui, mais j’ai déjà monté des spectacles. Je sais ce que sont une scène et des acteurs. J’aime le théâtre
et j’y vais régulièrement. Cela fait longtemps que la mise en scène de théâtre me démange. Pour faire mes films, j’ai de grands espaces. Me retrouver dans un cocon calme, sans 300 personnes autour de moi, me séduit.
Mais, il n’y a pas de différence entre un plateau de cinéma et un plateau de théâtre. Il y a un texte, une histoire à faire vivre dans un espace. Et c’est la même chose de diriger une ou trente femmes.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet ?

Déjà l’opiniâtreté d’Emmanuelle Scali ! En lisant la pièce qu’Alexandra Dadier a écrite en collaboration avec elle, j’ai vu qu’il y avait quelque chose à faire. Nous avons travaillé le texte, fait quelques aménagements. En dépassant l’anecdotique, l’histoire devient bouleversante. C’est un plaisir de travailler avec Emmanuelle.
Elle a un côté sérieux et un côté très sensuel. C’est quelqu’un de rond, de généreux, d’ouvert à tout.

C’est l’histoire d’une jeune fille au coeur tendre qui se heurte aux autres et à la vie…

Il y a plusieurs strates dans le texte. Le problème social y est central. La pièce raconte l’histoire d’Elena, une petite coiffeuse au joli minois qui vit une histoire d’amour avec un metteur en scène de théâtre. Mais nous passons rapidement du problème social au problème culturel. Si Elena est amoureuse, c’est avant tout de son langage, de son monde à mille lieues du sien. En fait, c’est une histoire simple, d’une femme simple. C’est une jeune fille qui a vécu dans un milieu prolétaire. Elle n’a pas eu accès à la culture. Le plus étonnant, c’est que sans le vouloir, c’est lui qui va l’entraîner vers un chemin de lumière. C’est un beau personnage.

De l’amour à la révolte, le pas est souvent tragique…

Au début, il l’aime parce que c’est une fille simple, agréable, jolie, qui doit certainement bien faire l’amour. Elle ne fait que passer dans sa vie. Alors que pour elle, il est précisément l’homme de sa vie. Il cristallise tout ce dont elle a toujours rêvé. Pourtant, il n’a jamais fait entrer cette fille dans son univers, la laissant toujours à la porte de sa vie professionnelle. Lorsqu’il décide de monter une pièce, il retrouve la lumière et surtout une comédienne avec qui il vit
une autre histoire. Cet homme a quelque chose de pervers et c’est en même temps dans cette perversité qu’il puise sa créativité. Il étudie les êtres humains pour voir comment ça marche. Quand il quitte Elena, elle n’a plus qu’une solution extrême… Elle se rend là où elle n’a pas le droit d’aller, son lieu de travail. Elle va essayer d’exister à ses yeux... Enfin...

Comment avez-vous abordé ce texte ?

En allant chercher ce qu’il y a derrière. C’est une grande tragédie. Elena a décidé de mourir. Mais pas seule ! Pourtant la pièce n’est pas triste : il y a beaucoup de moments drôles. On évolue constamment entre drame et comédie, comme dans la vie. Or la mise en scène, c’est un peu comme la vie. C’est très instinctif, voire organique.
Après, c’est aux autres d’analyser le travail. Le metteur en scène est un révélateur qui ouvre des portes aux comédiens. Pendant longtemps, j’ai muselé mon instinct
pour développer l’intellect ! Maintenant je fais l’inverse, j’écoute mon instinct. C’est un travail ; mais ce n’est que comme cela que l’on apprend, vraiment.

Mesdames, messieurs, n’avez-vous jamais remarqué le clair obscur qui hante une salle de théâtre ?
Cette parfaite opposition entre la lumière et l’obscurité la plus totale, entre les rires et les larmes, entre l’anonymat et la célébrité ? Il y a une heure encore, je n’étais qu’un visage parmi tant d’autres et maintenant, vous me connaissez, me reconnaissez, vous portez un jugement sur moi, vous m’épiez, m’épluchez, et moi je me mets à nu…