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À propos de NEL MEZZO
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À propos de NEL MEZZO

J’étais rempli de sommeil et on prenait la grand-route. Je prenais le chemin, je t’accompagnais tout droit, perdu. J’étais avec toi dans la forêt qui ravive la peur, dans ce qu’il y a de plus amer. Nous sommes allés là-bas, levant nos yeux, le cœur plein d’effroi. Oui nous sommes retournés aux angoisses et nous avions envie. L’air était tellement obscur qu’il suspendait la fatigue.

NEL MEZZO, Félix Loizillon

NOTE DE MISE EN SCÈNE
Mon désir premier est de proposer une lecture contemporaine de l’Enfer de Dante. J’ai toujours été fasciné par le foisonnement, l’excès, le débordement que suscite ce texte à la lecture. L’Enfer déborde d’images, de sons, d’odeurs, à un tel point que la richesse des apparitions outrepasse le cadre de nos représentations. Ce que j’aime avant tout dans l’Enfer c’est cette saturation qu’elle provoque sur le lecteur. On se sent troublé par les grouillements d’un monde incompréhensible. Cette profusion sonore et visuelle m’est apparue en elle-même théâtrale. J’ai voulu tout d’abord travailler dans mon texte cette idée de surcharge, de chaos, de désordre, et les sentiments que cela suscite : l’égarement, la non maîtrise, l’étonnement. J’ai souhaité travailler sur une émotion peu représentée au théâtre, la peur.
Nel mezzo raconte avant tout l’expérience faite par le personnage, Virgile, d’un monde qui lui est radicalement étranger. Ce que j’ai puisé dans l’Enfer de Dante, c’est cette idée de distance entre l’homme et le monde. Virgile, dans Nel mezzo, est un personnage stupéfait par ce qui l’entoure. Ceci m’a permis de jouer sur l’étrangeté même de la situation de l’acteur.
C’est ainsi que le choix du seul en scène m’est apparu comme l’unique façon de ne pas tricher, d’exposer l’acteur dans sa vulnérabilité, sa sécheresse ; que l’on n’oublie pas sa position ; que le spectateur revienne souvent à la réalité brute d’un homme seul sur scène face aux autres qui le regardent, à son corps à nu, sans accessoire ni complice, à sa présence.

Félix Loizillon


NOTE D’ÉCRITURE
J’ai choisi de me concentrer sur les vers du premier chant. J’ai écrit un texte, comme en écho, en français, et mon amie écrivaine Chiara Zocchi en a écrit un autre en Italien. Le théâtre est selon moi un lieu où s’expérimente cette porosité entre écriture, traduction, réécriture, appropriation. Le plateau est un chantier pour la langue. La langue reprend vie par des chemins de traverse insoupçonnés.

J’ai choisi de travailler le texte français comme une réminiscence, une évocation, une altération de celui de Dante. J’ai gardé l’idée du couple Dante / Virgile, présente dans La Divine Comédie en faisant se répondre deux voix préenregistrées. Au travers de cela, je voulais réactiver l’idée de voyage et la répartition de ces deux rôles : le guide et le guidé. Dante a trente trois ans lorqu’il descend aux enfers, alors que Virgile, lui, est un vieillard. J’ai voulu faire se répondre deux voix de deux générations éloignées : la voix d’une dame italienne et la voix d’un jeune homme français.

Je ne sais pas qui est en moi

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