Une saison chez Césaire

Aimé Césaire

Présentation

Une saison chez Césaire d' Aimé Césaire
Date(s) : du 1 mar 2011 au 9 avr 2011
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 21h45
Durée : 1h15

La déclaration universelle des droits de l’homme annotée par Aimé Césaire

Fondateur et ardent défenseur de la Négritude, anticolonialiste forcené, Aimé Césaire est avant tout un poète devenu homme politique portant haut les valeurs humanistes et les droits de l’Homme. Poésie, théâtre et politique se trouvent confondus et portés par des musiciens et comédiens d’Afrique, d’Haïti et de La Martinique. La parole d’Aimé Césaire, une parole poétique au service d’une cause, la culture de l’homme noir.

Manifestation organisée dans le cadre de 2011 année des outre-mer

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

TV France O / Un nouveau souffle aux paroles d’Aimé Césaire

LE NOUVEL OBSERVATEUR / La belle ardeur de Gladys Arnaud, Eric Delor, Jean-Bernard Ekam-Dick et Astrid Mercier, dirigés par Ruddy Sylaire, permet de bien réentendre la voix incomparable du grand poète martiniquais.

Distribution

Coréalisation Les Déchargeurs / SEA ART en accord avec Atelier Sentier – Michèle césaire

Avec le partenariat de la Fnac, ADAMI, Copie privée, Conseil régional de la Martinique, Ministère de l’outre-mer, 2011 année des outre-mer, Agence de la Francophonie, DRAC, Fondation Clément

Multimédia

Notes & extraits

La volonté, la force, les faiblesses de celui qui est amené à prendre le pouvoir et à l’exercer pour
assurer le rôle historique de père de la nation sont les thèmes récurrents de ce spectacle.
Toutefois des incursions dans la poésie nous permettent de saisir les vertiges de l’homme dont
l’ambition est de fonder et de stabiliser.
«Cela revient à dire que l’essentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre dangereusement...
Il est temps de mettre à la raison ces nègres qui croient que la Révolution ça consiste à prendre
la place des Blancs et continuer, en lieu et place, je veux dire sur le dos des nègres, à faire le
Blanc.
Me laisser écarter, foutre tonnerre !...»
Les textes d’Aimé CESAIRE sont faits, nous semble-t-il pour être dits, pour être interprétés, pour
être écoutés et cela parce qu’il s’agit d’un message, de la transmission des paroles de ce poteaumitan
ancré dans le sol de l’île Martinique, face à la mer et les autres continents.
Le grand poète vit toujours par son oeuvre universelle qui demeure.
L’arbre qu’il a désigné (choisi) est un arbre de palabres et ce ne sont pas ici des paroles vaines
mais celles exprimées d’un grand voyant.
La musique créée fera partie intégrale du spectacle puisqu’il s’agit aussi de la musicalité des
mots, d’oralité et de chant poétique. Nous proposons avec ce spectacle, créé à partir des textes
d’Aimé Césaire de transmettre ses prophéties, ses visions, ses exigences.
Il s’agit donc en définitive de théâtre, de poésie et des droits de l’homme.

Michèle CESAIRE

«Une saison», pour goûter le temps d’une allusion, les différents parfums d’humanité, de rébellion et
de questions lucides qui nervurent le théâtre d’Aimé Césaire. Pour donner à l’entendement les fulgurances
d’une colère jamais lasse face à la négation flagrante, sans vergogne et continue des droits fondamentaux
de l’être humain qui semblent en effet, de nos jours plus que jamais, réduits à l’état de vieux squelettes
en poudre, dans un placard.
Une saison pour rappeler par touches brèves quelques pans notoires de l’histoire des peuples noirs des
XIXe et XXe siècle. Nommer les erreurs et les horreurs connues, afin qu’elles ne soient plus commises.
Une saison aussi pour prendre l’intelligence de rire, pour mieux questionner les situations que le texte de
pièces comme Et les chiens se taisaient, La tragédie du roi Christophe, Une saison au Congo, Une tempête
livrent à nos consciences.
Et quand même, pour arroser et faire germer l’idée d’une vraie saison de théâtre qui permette aux enfants
du théâtre de Martinique de représenter en intégralité chacune de ces pièces de notre répertoire. Pour
donner à voir et imaginer Et quand les chiens se taisaient, les cicatrices de La tragédie du roi Christophe,
ou bien le visionnaire d’Une saison au Congo en cette année du cinquantenaire des indépendances
africaines, dans ce monde globalisé et peut être aussi où en sont nos identités dans «Une tempête»
comme celle que nous vivons aujourd’hui ?
Sûrement pour suggérer, citer quelques lignes de force pour bâtir demain !
Certainement pour l’urgent, le vibrant appel à l’imagination qu’il y a dans le théâtre d’Aimé Césaire.
Il faut bien commencer par imaginer le changement pour qu’il se mue en idée, puis en une forêt de
possibles !

Ruddy Sylaire

N’y eût-il dans le désert
Qu’une seule goutte d’eau qui rêve tout bas
Dans le désert n’y eût-il
Qu’une graine volante qui rêve tout haut
C’est assez
Rouillure des armes, fissures des pierres,
vrac des ténèbres
Désert, désert, j’endure ton défi
in Blanc à remplir sur la carte voyageuse du pollen

Avec des bouts de ficelle
Avec des rognures de bois
Avec de tout tous les morceaux bas
Avec des coups bas
Avec des feuilles mortes ramassées à la pelle
Avec des restants de draps
Avec des lassos lacérés
Avec des mailles forcées de cadène
Avec des ossements de murènes
Avec des fouets arrachés
Avec des conques marines
Avec des drapeaux et des tombes dépareillées
Par rhombes
Et trombes
Te bâtir
in Maillon de la cadène