Les Épouvantails

Laurent Leclerc

Présentation

Les Épouvantails de Laurent Leclerc
Date(s) : du 12 avr 2011 au 21 mai 2011
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 20h00
Durée : 1h10

"Je vais me fabriquer des ailes pour monter, prendre ma part de soleil. Je suis pas un épouvantail moi, je suis un oiseau et les oiseaux s'envolent !"

C'est l'histoire des retrouvailles de deux ex-ouvriers revanchards bien décidés à prendre leur part de soleil, qui montent un projet de reconversion : faire un braquage chez leur ancien patron.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Reg’arts.com / Cette courte pièce se suit avec plaisir, les rires complices des spectateurs le prouvent.

Télérama.fr / une histoire poético-réaliste à mi-chemin entre le conte pour enfants et le film policier avec référence à l'actualité. L'utilisation de marionnettes, le côté "bricolage" de la mise en scène et le jeu de Margaux Delafon et de Laurent Leclerc donnent de la légèreté à cette histoire qui parle de solitude, de misère et d'injustice. Mais sur le mode de la fable et de la fantaisie

Distribution

Mise en scène
Musique
Costumes
Crédit Photo Visuel

Coréalisation Les Déchargeurs / Barouf Théâtre

Avec le soutien de la région Île de France, de la Direction des Affaires Culturelle de la Mairie de Paris et des Plateaux solidaires d’Arcadi

Multimédia

Notes & extraits

Je voulais parler des rapports sociaux dans une époque en train de se transformer. D’un côté, j’ai veillé à ne pas laisser transparaître un jugement de valeur sur ces transformations. D’autre part, je voulais absolument rompre avec un certain nombre de clichés liés à la classe ouvrière. Notamment dans la manière de mettre en scène sans m’interdire des intrusions de fantastique.
Les Épouvantails est une fable sociale où résonnent « les peurs » de notre époque (être seul, sans amour, sans travail), où tintent les peurs de notre espèce (la conscience de la mort, la peur de vieillir); et qui pose la question de la peur de vivre. Osons-nous vivre pleinement ? J’ai écrit et choisi de monter Les Épouvantails aujourd’hui, parce que les deux personnages éprouvent ce sentiment très contemporain d’être fixés sur place, écrasés où ils sont, avec le dos courbé sous le poids des renoncements. Ils voient tout, entendent tout mais restent convaincus de leur impuissance. Voyant chaque jour « les possibles » se rétrécir et le temps s’enfuir. Dans ce contexte morose, résister c’est retrouver l’exaltation et par là, la force d’agir, le goût de vivre. Mes Épouvantails se métamorphosent en pourfendeurs du cynisme contemporain. Pourtant, à aucun moment mes personnages ne vont servir une thèse. Je ne défends aucune thèse. Au final, les spectateurs doivent ressortir de ce spectacle avec un puissant besoin de
s’interroger eux-mêmes. Voilà toute l’ambition et les limites de ce spectacle.

Laurent Leclerc

LUCIEN : Hein ?
JEANNE : Quoi ?
LUCIEN : Qu’est-ce tu dis ?
JEANNE : Non rien, je réfléchis.
LUCIEN : Réfléchis plus fort, j’entends rien.
JEANNE : Dis-moi j’étais en train de me demander, ça te dirait de faire partie de mes occupations ?
LUCIEN : De quelles occupations tu parles
JEANNE : Tu n’as jamais été tenté ?
LUCIEN : Non t’es pas mon type
JEANNE : Mais non je parle pas de ça
LUCIEN : Tu nous vois mélanger nos corps sur l’établi
JEANNE : Tu t’es fait taper par une charrette ou quoi
LUCIEN : L’amour, le bonheur c’est pas fait pour moi
JEANNE : Mais non je te parle pas de ces occupations-là
LUCIEN : Ah bon ! C’est-à-dire que je suis moi-même déjà bien occupé
JEANNE : Ah bon ?
LUCIEN : Ben oui
JEANNE : Mais avec quoi ?
LUCIEN : Avec mes propres occupations.
JEANNE : Tes petites combines avec l’alcool ça va pas te mener bien loin. Franchement c’est pas le temps qui
manque, à ce qui paraît même ta femme et tes gosses se sont fait la malle.
LUCIEN : Je te permets pas.
JEANNE : J’ai touché un point sensible