Le Premier

Israël Horovitz

Présentation

Le Premier d' Israël Horovitz
Date(s) : 9 Jan 2012 - 27 fév 2012
Lundi
à 21h15
Durée : 1h25

Pourquoi font-ils la queue ? Peu importe ! Ce qui compte, c'est d'être le premier.

Au sol, une ligne blanche. Derrière cette ligne, un homme fait la queue. Très vite, un autre le rejoint. Puis arrive une femme. S'ensuit un troisième homme, puis un quatrième, le mari de la femme. Peu à peu la compétition s'installe, la tension monte, et tous les coups sont permis pour être Le Premier.

Une des meilleures adaptations que j’ai pu voir. Israël Horovitz, Le Figaro, 13 février 2009.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Les cinq énergumènes qui se prêtent à la subtile mise en scène de Léa-Marie Saint Germain rivalisent d’ingéniosité / Politis

Distribution

Coréalisation Les déchargeurs / la compagnie des Aléas

Avec le soutien de la Mairie du 17è et Oui FM

Multimédia

Notes & extraits

Israël Horovitz est un jeune homme, tout gentil, tout charmant. Un tendre voyou américain. Dès qu’on le voit, on ne peut ne pas l’aimer. Comme tous les tendres, comme tous les doux, il écrit les choses les plus cruelles qui soient. Et ce sont des œuvres vraies. Israël Horovitz est à la fois sentimental et réaliste. On imagine donc à quel point il peut être féroce. Je ne vais pas vous présenter, vous expliquer sa pièce. Rassurez-vous. Je dirai simplement que c’est une pièce insolite, qu’elle n’a pas une action, que rien ne se passe. Rien, mais tout. Mettez deux personnes ensemble, inconnues, puis trois, en file indienne, à la queue. Puis quatre, puis cinq. Introduisez une femme parmi eux. En quelques instants, la compétition, le conflit surgit. Les inconnus se connaissent à fond, et parce qu’ils se connaissent, ils se haïssent, se méprisent, se bagarrent pour la première place (bien entendu) qu’ils perdent et regagnent et reperdent tour à tour. On est prêt à tuer. On veut même mourir le premier, si c’est le seul moyen d’arriver premier. Dans Le Premier, Israël nous dit tout, c'est-à-dire rien. Je vous le laisse découvrir. Je n'avouerai pas combien j'aime cette pièce. Car seriez-vous d'accord si j'étais le premier à le dire?

Eugène Ionesco

Si je disais à Israël Horovitz que son théâtre est un remarquable document d'anthropologie sociale et qu'il dénude les structures fondamentales de la société américaine, Israël, tel que je le connais, ferait la grimace et une pirouette. Il aurait bien raison. Parce que, son théâtre est conçu pour donner, d'abord, un pur plaisir théâtral. Deux tréteaux, quelques acteurs, une passion... L'art d'Israël est à la perfection dans son économie : économie d'interprètes, économie de mots, économie d'action. Ses pièces ont la rigueur d'un ballet réglé au millimètre près, la simplicité d'une rentrée de clowns qui déboucherait sur la tragédie. Mais les danseurs de ses ballets sont des êtres de chair très quotidiens, la parfaite mécanique de l'entrée de clowns disparaît totalement derrière le frémissement de la vie. On passe si vite du rire à l'émotion, de l'amusement à cœur joie à la pitié à cœur serré, qu'on oubli à quel point Israël est un dramaturge rusé, et combien maligne et efficace est la construction de ses farces, qui laissent un goût de larmes, de ces drames constamment secoués d'éclats de rire. Oui, Israël se gratterait le crâne si je lui expliquais gravement, en parsemant mon discours de mots très savants, que son théâtre a une immense portée sociologique, qu’on peut aussi en faire une lecture symbolique. Les Etats-Unis ne sont sûrement pas réductibles aux seuls archétypes de la vie considérée comme un match permanent, le struggle for life, la brutalité de la libre entreprise et de la sélection naturelle de Darwin érigée en seconde constitution. Mais Israël Horovitz serait à lui seul, dans la vie, la démonstration qu’il existe aussi une Amérique de rapports humains civilisés. Israël est le plus sensible, le plus gentil et le plus fin des hommes. C'est pour ça que les brutes et les cons le fascinent et qu'il les fait vivre si bien, avec tant de talent.

Claude Roy, traducteur et adaptateur.

STÉPEN. - Premier! Encore une formule creuse, du vent! Je vous demande un peu! Qu’est-ce qui est le premier? L’œuf, ou la poule? Le Père, le Fils ou le Saint-Esprit? Les premiers seront les derniers. C’est mathématique. Réfléchissez un peu : je pose un le premier. Je retire zéro. Qu’est-ce qui reste? Un. Maintenant, prenez un mot au hasard... Tenez : le mot "mot ". Vous le renversez. Qu’est-ce que ça donne : Tom. Maintenant, si je prends bar et que je le renverse, ça fait rab, si je prends cab et que je le renverse, ça fait bac, mais bar + bac, ça fait barbaque. Vous ne pouvez pas nier. Si je prends rat de cave et que je le retourne, ça fait evacedtar, je divise en deux, ça donne eva je t’adore, vous enlevez je t’adore, vous renversez, vous avez eva, vous avec ave! C’est scientifique. Par contre, si vous prenez Anna et que vous retournez Anna, vous avez toujours Anna.