Le 4ème mur

Présentation

Le 4ème mur
Date(s) : du 12 fév 2019 au 2 mar 2019
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 19h30
Durée : 1h15

Georges, jeune étudiant et compagnon de lutte politique de Sam, ne connait de la guerre que la révolte. Malade, Sam demande à Georges de mener à bout le projet fou qu’il a rêvé : monter Antigone de Jean Anouilh au milieu d’un Beyrouth en guerre, en 1982.

Arrivé sur place, Georges découvre la distribution : Antigone sera palestinienne, Créon sera chrétien, Hémon sera druze, Ismène sera arménienne et les gardes seront chiites. Un matin, à la recherche de son Antigone, c’est le massacre de Sabra et Chatila qu’il découvre. De retour auprès de Sam, Georges raconte.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Un spectacle d’une puissance phénoménale. Prestation flamboyante d’un fantastique comédien en état de grâce. / Froggy's Delight
Julien Bleitrach donne vie à cette histoire sublime et déroutante. / Le Brigadier

Distribution

Co-réalisation La Reine blanche - Les Déchargeurs & L’Autre Monde

Multimédia

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Notes & extraits

NOTE DU METTEUR EN SCÈNE
J’ai voulu une mise en scène simple pour que l’instant présent soit « ici et maintenant ». Pour notre adaptation, nous avons développé une situation simple qui libère la parole afin qu’elle soit théâtrale et pourtant très réelle. Brouiller la vérité de la fiction.

Sam est dans le coma, Georges vient lui parler. Il revient de loin, il souffre de troubles liés au stress post traumatique. Il était au Liban pour le projet insensé que Sam lui avait demandé de monter. Georges a ainsi une double adresse : il parle à Sam mais aussi à lui-même. Dans notre dispositif, Sam est le public. Georges parle donc au public brisant ainsi le quatrième mur. Il est là, avec son sac de baroudeur, son lecteur portatif de bandes magnétiques, le projet d’affiche pour la pièce. Autant de preuves pour le public comme pour lui que ce qu’il raconte n’est pas une fiction. Il nous fait écouter des enregistrements sonores de ses répétitions. Ainsi les mots de Chalandon et ceux d’Anouilh se répondent. Lorsque la gêne s’installe ou lorsque les émotions sont à fleur de peau, Georges se rattrape à cette matière de mémoire. Puisqu’il fait du théâtre dans la vie, il met en scène facilement ses souvenirs. Il parle au passé quand il se souvient mais quand il veut nous faire revivre les situations, il parle au présent. Le temps passe et ce présent gagne d’ailleurs en présence.

La scénographie est simple pour faire cohabiter un espace réel, celui de la chambre d’hôpital, du voyage au Liban et un espace mental dans lequel George se perd. Le travail du son répond lui aussi à cette dualité.
Le son qui sort des façades est un son mental, irréel. Celui qui vient du plateau par l’enregistreur de Georges est un son réel composé de musiques ou d’extraits des répétitions d’Antigone. Il était important de traiter de manière particulière cette fameuse frontière entre l’acteur et les spectateurs. Dans le projet que montent les personnages à Beyrouth, cette limite est remise en question et personne ne sortira indemne de cette aventure. Avec Le quatrième mur, Sorj Chaladon déconstruit continuellement sa dramaturgie. Un souvenir en amenant un autre, Georges parle dans un certain désordre de son projet, son enfance, son militantisme, son amitié pour Sam, sa famille, son amour du théâtre et surtout sa tentative de monter Antigone sur la ligne de feu au Liban.

Le roman renvoie donc une certaine théâtralité : le personnage est là avant toute chose. Ce qu’il dit complète ce qu’il est.
Julien Bleitrach