L'Art de Suzanne Brut

Michael Stampe

Présentation

L'Art de Suzanne Brut de Michael Stampe
Date(s) : du 31 oct 2017 au 23 déc 2017
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 19h30
Durée : 1h15

Michael Stampe / Christophe Lidon

Un échange avec l'équipe artistique aura lieu le vendredi 17 novembre après le spectacle
Table ronde autour de l'art brut le vendredi 24 novembre après la représentation

Parce que ça, je le sais, mes peintures font comme un baume, un baume sur les plaies

Mais qui est cette Suzanne, muette et pourtant très bavarde à l’intérieur, enfermée dans un couvent du Périgord occupé par les Allemands ? Dans un espace où la liberté est restreinte, Suzanne crée, instinctivement et inlassablement. Sous le regard de ses complices, Sainte Jeanne et la Vierge Marie, elle dépeint avec ardeur son monde aux couleurs vives, pour tenter d'oublier l'inoubliable. Et Suzanne connait son art !

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Marie-Christine Danède, actrice d'exception, est si vraie qu'on en oublierait presque que Suzanne Brut est née de l'imagination de Michael Stampe. / L'Obs - n°2767 16/11/2017 - Jacques Nerson

Une interprétation toute en intelligence et délicatesse. / Le Figaroscope - 15/11/2017 - Armelle Héliot

Stupéfiant tableau. Marie-Christine Danède appelle le regard et l’ouïe d’une façon quasi fantastique ! / LeMonde.fr - 01/11/2017 - Evelyne Trân

Distribution

Texte :
Mise en scène :
Comédien(s) :

Coréalisation Les déchargeurs / Léo Théâtre

Multimédia

Notes & extraits

MOT DE L'AUTEUR

Depuis Dubuffet, il n’est plus possible d’ignorer l’existence d’un art brut, d’un gisement extraordinaire d’œuvres issues de l’imagination et du vécu souvent douloureux de créateurs marginaux, autodidactes exclus des chemins balisés de l’art contemporain. Notre Suzanne est de ceux-là, servante recluse dans son couvent, toute entière tournée vers sa vie intérieure qu’elle partage avec Sainte Jeanne et la Sainte Vierge.
Si Suzanne créé inlassablement, c’est qu’elle est envahie par sa parole, en perpétuel questionnement sur le temps, la couleur, les voix harcelantes. "Muette en dehors et très bavarde en dedans", Suzanne est habitée par le langage mais les mots ne parviennent pas à fixer son identité. En donnant vie à Suzanne, j’ai cherché, aussi délicatement que possible, à mettre en lumière la vérité d'une femme face au cataclysme qui a détruit sa vie.
Michael Stampe

NOTE DU METTEUR EN SCÈNE

Marie-Christine Danède fait partie de ces acteurs qui offrent à leur personnage toute l’humanité nécessaire pour les rendre si intimes, si connus de nous, qu'ils peuvent nous toucher au plus profond de nos émotions, de nos souvenirs même ... Et ce n’est pas si courant. Ainsi, l’envie commune d'une histoire à développer pour son seul instinct théâtral, sa seule présence si particulière, si vraie, s’est imposée. L’univers de cet art sensible et parfois dérangeant que Dubuffet appelait l'art brut nous a paru directement lié à la vie si impliquée et faussement légère que cette comédienne nous a offerte, spectacle après spectacle, tout au long de ce partenariat théâtral qui nous unit : La Mouette, L’Alouette d’Anouilh, La Colère du tigre qui lui a valu une nomination aux Molières comme meilleur second rôle en 2015, et bien d’autres.Et c’est avec la tendresse nécessaire à l’évocation de ces créateurs habités par la seule nécessité de matérialiser une réalité intime, secrète, sauvage, hors de toute pression sociale et culturelle, que nous les avons tous regroupés en une : Suzanne Brut qui, du haut de son minois pointu, parle à la Sainte Vierge et à Sainte Jeanne, et défie les codes et les savoir-faire les plus classiques pour "accoucher" de ses peintures. Images impressionnantes et déroutantes comme seul un esprit libre peut en peindre. De quoi imaginer un spectacle imprégné de couleurs, de violences et de vie ... Une confession qui nous rend témoins de l’esprit de création qui peut, et c'est bien nécessaire, devenir ... une religion.
Christophe Lidon

EXTRAIT
« Mon autoportrait ? Vous n’y pensez pas, je ne suis pas un peintre, moi, je suis une pauvre femme, un souvenir, il faudrait qu’une bonne fois je me taise dans ma tête et que je vous contemple, Sainte Vierge, pour mieux vous peindre, vous représenter comme je le veux, je sais mélanger les couleurs, je sais trouver des formes, des nuances … Ne me laissez pas, je vous dis, ne soyez pas fâchée, Vierge Marie, il faut que je remette les choses dans l’ordre, je vais finir par la cracher, mon histoire, mon secret, ma blessure, et celle de Marcelle bien sûr, les Allemands en Périgord n’y sont pour rien, les Soeurs et Pétain non plus … Regardez-moi avec cette bonté qui m’inonde et mes peintures feront comme un baume sur les plaies … Elle a quelle couleur, la chair du porc, quand on la découpe ? ».