Comme disait mon père & Ma mère ne disait rien

Jean Lambert-wild

Présentation

Comme disait mon père & Ma mère ne disait rien de Jean Lambert-wild
Date(s) : du 8 Jan 2019 au 9 fév 2019
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 19h30
Durée : 1h

Comme disait mon père... Le comble de l’élégance‚ c’est de prévoir les moments où l’on n’en aura plus.

Au début il y a la parole du père. Celle qu’on écoute, qu’on croit, qu’on n’ose interrompre. Il y a le silence que la parole impose. Puis vient la parole du fils face à la mère, face à celle qui ne dit rien. Une parole emplie d’affirmation, un torrent de mots. Au final, il y a ce père qui a tout dit et cette mère qui s’est tue.

La représentation du mercredi 9 janvier sera suivie d'une échange avec l'équipe du spectacle !

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Un pari fou servi par une actrice géniale, magistrale. Mise en scène avec subtilité par Michel Bruzat. / Le Populaire du centre
La mise en scène et l’interprétation ont laissé le public sans voix. / L’Echo de la Haute-Vienne
La comédienne est dans l’émotion ou la pudeur. Elle paie de sa personne. / Télérama

Distribution

Mise en scène
Comédien(s)
Lumières
Crédit Photo Visuel

Co-production La Reine blanche - Les Déchargeurs / Le Pôle diffusion et Théâtre de l’Union, Centre dramatique national du Limousin

En accord avec le Théâtre de la Passerelle
En partenariat avec Editions Les Solitaires Intempestifs

Multimédia

 
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Notes & extraits

LE MOT DE L’AUTEUR
Écrire est un songe de marmonneux que je fais en fraude de la nuit. Je n’ai aucune affection, ni satisfaction particulière à faire cela. Je n’y fais réparation d’aucune offense, ni intimité d’aucune affliction. Je le fais sans autre objectif que de relier mon être à une humanité aussi mystérieuse que l’eau cendreuse d’un étang à la lumière d’une pluie d’orage. Tout cela, mis bout à bout, est une fable confondue avec d’autres fables qui fait terreau de sons, de couleurs, d’odeurs, de saveurs, de rires, de sueurs et d’excréments.

Ainsi, il m’est extrêmement difficile d’expliquer comment furent écrit Comme disait mon père et Ma Mère ne disait rien. Je ne m’en souviens plus. Cela est sorti de moi et ne m’appartient plus. Cela appartient à qui veut le dire en remuant un peu sa langue. Et puis, je m’aperçois que celui qui écrivait cela a disparu. J’ai encore un peu le souvenir de son visage et de sa voix. Il doit se reposer quelque part en moi, à l’ombre d’une falaise de pierres et de mousses huileuses de rosée. Il est sans doute là, mais il n’y a aucun chemin que je puisse emprunter pour le retrouver car il a découvert ce qui m’a permis de l’oublier.

Si donc, vous me demandiez « Est-ce bien de votre père et de votre mère dont il s’agit ? » Je vous répondrais « Oui ! », et l’instant d’après je vous répondrais « Non ! ». Cela n’a plus d’importance d’ailleurs car bientôt vous découvrirez qu’il s’agit en fait du père et de la mère de Michel Bruzat et aussi du père et de la mère de Natalie Royer. J’espère que, comme moi, vous aurez plaisir à faire leur connaissance et à vous souvenir un instant de ce qui fut dit et tut par vos parents.
Jean-Lambert-wild, avril 2017, quelque part entre deux oublis

LE MOT DU METTEUR EN SCÈNE
Lorsque j’ai lu, debout dans une librairie Comme disait mon père… Ma mère ne disait rien j’ai entendu les voix de notre enfance qui tout au long de notre vie résonneront à jamais. J’ai pleuré et j’ai ri, car je ressens comme Jean Lambert-wild l’écrit, que « le théâtre est cette ligne de vie qui nous donne la force de transporter en riant, notre cargaison de misère, de souffrance et de mort ».

Tout travail de mémoire est une fiction et Jean Lambert-wild écrit la sienne sur le palimpseste de sa mémoire, dans une langue quasi onirique où se mêlent probablement la voix du père et la sienne propre… petite musique de l’esprit où prennent place le verbe scandé du père incessant, multiple, entêtant, et les gestes silencieux de la mère qui se font discours car « se taire c’est converser ». « Je est un autre » issu de cet héritage et création propre. Pas d’auto-engendrement ou de reniement, juste un pas de côté pour ne se fondre ni se confondre, « naître à soi-même, être plusieurs et n’être aucun ».

« Avoir tout écouté et rien entendu » et être. Juste être, « être heureux et surtout n’être rien ». Dans une langue d’une poésie infinie, Jean Lambert-wild livre avec pudeur l’universalité de l’intime... Singulier et réinventé par chacun...
« L’acteur est la mâchoire de notre solitude sans qui rien ne serait possible » écrit-il. J’ai imaginé tout de suite ce texte dans la bouche de Natalie Royer, complice de La pluie d’été de Duras ainsi que de Je suis le vent de Jon Fosse. J’ai demandé à mon ami Vincent Grelier de créer une scène ludique où un enfant/vieux pourrait jouer la vie et en rire, et à mon compagnon de plateau Franck Roncière de créer les lumières. Ils ont accepté de s’embarquer.

Ensemble nous vous proposons ce voyage avec en tête ces mots de Jean Lambert-wild : « de jadis à aujourd’hui, le théâtre fut la boussole des naufragés qui cherchent dans la brume et l’arc en ciel, le masque qui leur servira de radeau »
Michel Bruzat