Huma Rosentalski

Il n'est pas de mois sans qu'une pépite nous soit révélée / Le Figaro

Prix, Récompense

Formation

Sur ses photographies, il y a parfois un verre de lait, des fesses en l’air, un animal. Un lustre éclairé est assis sur une plage. Le soleil se couche dans une forêt aux bras noirs et l’on dirait un dirait un ciel plein de flammes. Un avion hirondelle traverse le ciel à tire d’aile. Sur ses photographies, même infimes, il y a toujours des gestes : mains qui cachent les yeux, seins surpris, contorsion de cheveux, doigts de pied impatients. Derrière une vitre, une petite fille ricane.
Huma Rosentalski vit et travaille à Paris depuis 25 ans, il est originaire de Dortmund en Allemagne.
Rosentalski signifie « vallée des roses » en polonais, Huma est le diminutif de Hans Martin. Ce surnom fondateur lui a été donné lorsqu’il avait 20 ans par un couple de photographes de Düsseldorf qui l’ont formé à la chambre grand format.
En France, Huma est le diminutif de Humanité. Une humanité qu’il malaxe depuis l’enfance (chers albums photo) et qui constitue son matériau le plus précieux. Avec les autres, son engagement est total à capter – recréer une réalité qui divulgue, dégage, accroche le regard. C’est un jeu sérieux.
Du crépuscule au coeur de la nuit, sa réalité luit, son regard est sobre, sa mise en scène donne envie d’être de la partie. En 2001, après avoir travaillé plusieurs années un peu partout en Europe comme photographe de mode et de publicité, il rencontre le jeune metteur en scène corse François Orsoni. «Et je commence à plonger dans cet univers où la langue se joint au visible, à l’image. » dira t’il. Un monde s’ouvre, celui du théâtre. D’abord pour Orsoni, il réalise les affiches de ses spectacles, puis avec une caméra vidéo en 2002, il le suit sur sa création de Woyzeck. D’autres metteurs en scène comme Peretti …. lui passent commande.
En 2007, c’est le théâtre de la Bastille qui lui confie la création de ses photographies : affiches et le journal de la Bastille. De ces belles et fructueuses collaborations, Huma Rosentalski a appris à mieux structurer ses mises en scène, tout en continuant à suivre ses non moins belles intuitions.

Laure Troussière pour Libération